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PLFSS 2025 : Casinos de France lance la charge contre un éventuel projet de taxation / Le secteur des jeux est (déjà) un fort contributeur au budget de l’Etat
Jeudi noir en Bourse pour la Française des Jeux (FDJ). Le titre du groupe présidé par Stéphane Pallez a clôturé la journée par une chute vertigineuse de -6,36 %, après avoir abandonné près de 10 % plus tôt dans la journée. En cause ? Absolument pas l’annonce du succès de son offre publique d’achat sur Kindred intervenue après la clôture des marchés, et qui est d’ailleurs saluée par les marchés ce vendredi matin (+ 1,51 % à 10 heures). Il faut plutôt regarder du côté des rumeurs selon lesquelles le gouvernement envisagerait d’augmenter les prélèvements sociaux du secteur des jeux d’argent dès 2025 afin de soutenir le budget de la Sécurité sociale.
Selon la presse en effet, la mesure, incluse dans le prochain projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS) viserait à récupérer près de 500 millions d’euros par an. Une rumeur totalement démentie, hier soir dans une interview, par Stéphane Pallez, qui a néanmoins rappelé que la FDJ est un contributeur majeur, en termes de fiscalité sur les jeux, au budget de l’État. "Nous avons versé l’année dernière 4,3 milliards d’euros. Ce n’est pas comme si nous étions sous-fiscalisés ", a-t-elle réagi, certifiant que "ce n’était pas la position du gouvernement de mettre ce type de mesure dans le PLFSS ".
Dans le doute, le syndicat "Casinos de France", présidé par Grégory Rabuel, a décidé de lancer son cri d’alarme. "Cet alourdissement de la fiscalité aggraverait une situation déjà difficile pour notre secteur, le plus taxé d’Europe. Nous subissons depuis de nombreuses années des distorsions de concurrence fiscales et réglementaires, se traduisant par un recul notable de la part des casinos dans le marché français du jeu de hasard et d’argent. Nous participons déjà à l’effort national en contribuant à hauteur de 57 % de notre chiffre d’affaires, bien au-delà de la taxation des autres activités économiques comme les GAFAM (Google, Amazon, Facebook, Apple et Microsoft, ndlr)", rappelle le directeur général du groupe Barrière.
Selon le syndicat, "la filière des casinos et clubs de jeux, qui verse déjà plus d’1,5 milliards d’euros annuellement au budget de l’État et des collectivités locales (est) un partenaire du développement économique, culturel et touristique des collectivités locales et (est) un acteur incontournable du tourisme balnéaire et thermal. Les casinos sont des PME qui créent de la valeur et de l’emploi dans les territoires ", explique-t-il, alertant sur le fait "que cette augmentation des prélèvements sociaux, combinée à une pression fiscale déjà écrasante, menace directement 45 000 emplois que notre secteur soutient dans 63 départements ".
Et Casinos de France de prévenir : "toute nouvelle hausse de la fiscalité fragiliserait davantage la viabilité des casinos en France, provoquant une baisse des recettes fiscales et de probables fermetures d’établissements, avec des conséquences désastreuses pour l’emploi et les finances publiques locales ". S’agissant des clubs de jeux à Paris, "le projet de taxation signerait purement et simplement leur arrêt de mort. Une nouvelle charge fiscale viendrait bouleverser un équilibre déjà fragile et rendrait ces établissements non viables économiquement, menaçant directement près de 1 500 emplois parisiens ", estime-t-il, dans un communiqué.
Le projet de loi de financement de la sécurité sociale sera connu en même temps que le projet de loi de finances pour 2025, en milieu de semaine prochaine.
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