WAN
menu
 
!
L'info stratégique
en temps réel
menu
recherche
recherche
Abonnez-vous
Abonnez-vous à notre newsletter quotidienne

Dirigeants, gouvernance / Carlos Tavares / Stellantis

Dirigeants, gouvernance
Carlos Tavares / Stellantis

Carlos Tavares quittera bien Stellantis à la fin de son contrat / Et son état-major valse

Empêtré dans des difficultés nord-américaines l’ayant conduit à réviser drastiquement ses objectifs financiers pour 2024, le constructeur automobile a annoncé que son équipe dirigeante allait faire peau neuve. Si la place de Carlos Tavares reste bien sienne, à l’inverse de celle de la directrice financière et des patrons nord-américain et européen du groupe, Stellantis a confirmé son départ en retraite à l’issue de son mandat.
Carlos Tavares (Photo by FREDERICK FLORIN / AFP)
Carlos Tavares (Photo by FREDERICK FLORIN / AFP)

Carlos Tavares l’avait déjà laissé entendre, voici la décision actée. Le directeur général de Stellantis ne verra pas son mandat être renouvelé à l’issue de son contrat en janvier 2026, a confirmé le constructeur automobile dans la nuit de jeudi à vendredi, mais il restera bien en place jusqu’à son terme. "Le processus formel d’identification d’un successeur à Carlos Tavares lorsqu’il prendra sa retraite à la fin de son mandat de CEO au début de 2026 est engagé. Ce processus est géré par un comité spécial du conseil d’administration présidé par John Elkann et qui achèvera ses travaux au quatrième de 2025", précise le groupe par voie de communiqué.

Il reste donc un peu plus d’un an au patron portugais pour inverser la tendance chez Stellantis, après le sévère avertissement sur ses résultats lancé la semaine dernière. Une révision d’objectifs qui a provoqué la stupeur des marchés, tant au regard de son ampleur que de l’effet de surprise. Certes, les difficultés nord-américaines de Stellantis, qui en ont été la raison principale, ne sont plus un secret. Mais la direction avait réaffirmé auparavant et à plusieurs reprises le maintien de sa prévision, pour 2024, d’une marge à deux chiffres et d’un free cash-flow positif. Ce virage brusque a aussi entaché la crédibilité de la visibilité du management du groupe né de la fusion entre Fiat Chrysler et PSA, relevaient alors les analystes financiers.

 

Départ au sommet

 

Si Carlos Tavares n’a donc pas pâti dans l’immédiat de cette situation, alors que John Elkann a assuré à cette occasion qu’il bénéficiait du soutien unanime de son conseil d’administration, la directrice financière de Stellantis semble de son côté en avoir payé les conséquences. Natalie Knight, en poste depuis l’été 2023, va quitter l’entreprise, a fait savoir le groupe franco-italo-américain à cette occasion. Elle sera remplacée par Doug Ostermann, qui était jusqu’alors le responsable des activités chinoises. Grégoire Olivier, qui assurait les liaisons avec le partenaire chinois du groupe, Leapmotor International, prendra sa succession. Il cumulera de ce fait les deux fonctions.

Le remaniement de l’état-major du directeur général de Stellantis ne s’arrête pas là, puisque d’autres changements organisationnels, entrant immédiatement en vigueur, ont en effet été révélés ce jeudi. Objectif : "recentrer la société sur ses principales priorités opérationnelles et de s’attaquer avec détermination aux défis mondiaux auxquels le secteur automobile est confronté", explique cette dernière, avec en premier lieu, forcément, l’Amérique du Nord. Tous les regards devraient donc maintenant être tournés vers Antonio Filosa, qui vient d’être nommé à la tête de la région, en complément de son rôle de patron de la marque Jeep (dont les ventes ont encore patiné aux États-Unis au troisième trimestre).

 

Poste clé

 

Il avait auparavant notamment aussi dirigé la région sud-américaine, ayant d’ailleurs mieux résisté que d’autres zones au premier semestre. Antonio Filosa, qui devient donc l’un des membres clés du plus haut niveau du groupe, succède ainsi à Carlos Zarlenga. Ses prochaines fonctions feront quant à elles bientôt l’objet d’une annonce. Du côté européen, la mécanique est similaire. La situation n’y est pas aussi critique qu’aux États-Unis, mais le groupe y a tout de même perdu de ses couleurs. Uwe Hochgeschurtz, qui dirigeait la zone, va lui aussi quitter le groupe. Il sera remplacé par Jean-Philippe Imparato. Ce dernier cumulera cette fonction avec celle de "pro one business unit CEO".

Outre les départs annoncés, ce jeu de chaises musicales aura toutefois permis au groupe aux quatorze marques d’annoncer l’arrivée de Santo Ficili au sein de son équipe dirigeante, alors qu’il vient d’être nommé patron de Maserati et Alfa Romeo. Les fonctions de son prédécesseur, Davide Grasso, devraient également être annoncées par la suite. Enfin, dernier changement : l’organisation de la supply chain va être transférée de la direction des achats à la direction industrielle, dirigée par Arnaud Deboeuf. Ce changement de périmètre devrait permettre à Maxime Picat de se consacrer plus encore à l'amélioration des performances à réaliser avec les fournisseurs partenaires, pointe le groupe. "Dans cette période de transformation darwinienne pour l’industrie automobile, notre devoir et notre responsabilité éthique sont de nous adapter et de nous préparer pour l’avenir, mieux et plus rapidement que nos concurrents […]", a de son côté assuré Carlos Tavares. En attendant, les marchés ne semblent pas plus rassurés que la semaine dernière. En ce début d’après-midi, le titre Stellantis perd près de 4 % à la Bourse de Paris, signant pour l’heure la pire performance du CAC 40 de la séance. Les investisseurs auront, en tout cas, davantage de visibilité sur la situation du groupe d’ici peu de temps : le constructeur publiera ses résultats du troisième trimestre le 31 octobre.

Vous souhaitez réagir à cet article ou apporter une précision ?
Commentez cet article