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Air France - KLM

Face à une fiscalité menaçante, Air France-KLM pourrait se redéployer aux Pays-Bas / En réduisant son activité en France

Alors que le gouvernement français envisage une forte hausse de la taxation sur les billets d’avion en 2025, Air France-KLM pourrait voir ses opérations en France lourdement affectées. Confronté à cette pression fiscale, le groupe pourrait être contraint de redéployer une partie de son activité vers son hub d’Amsterdam-Schiphol.
Amsterdam Airport - Photo by Nicolas Economou / NurPhoto / NurPhoto via AFP
Amsterdam Airport - Photo by Nicolas Economou / NurPhoto / NurPhoto via AFP

Le miracle du redressement d’Air France – KLM devrait bientôt se confronter au vent contraire d’une fiscalité renforcée aux conséquences forcément délétères. Immanquablement, le projet de taxation sur le transport aérien " se répercutera sur les divisions opérationnelles d’Air France-KLM, à savoir Hop, Transavia France et Air France", qui verront leur compétitivité fortement amoindrie, estiment lundi les analystes d’UBS dans leurs premières évaluations d’impact.

D’abord communiqué début octobre au directeur général de la compagnie franco-néerlandaise, Ben Smith ainsi qu’à Pascal de Izaguirre, le président de la Fédération nationale de l’aviation et de ses métiers (FNAM), le projet a été confirmé lors de la présentation jeudi 10 octobre du projet de loi de finances pour 2025 visant à contenir le déficit français à 5 % du PIB l’année prochaine.

Certes pour l’instant, les modalités précises de cette taxation sur les billets d’avion ne sont pas connues, parce qu’elles ne sont pas été intégrées au texte de la loi de finance. Aussi faudra-t-il attendre que le gouvernement dépose un amendement lors de la discussion budgétaire au Parlement. Mais l’objectif évoqué de récolter 1 milliard d’euros grâce la taxe de solidarité sur les billets d’avion (TSBA) en 2025, contre 460 millions d’euros en 2024 donne déjà un ordre de grandeur inquiétant. Le montant pourrait même tripler à 1,5 milliard d’euros selon la FNAM.

Il est bien sûr trop tôt pour savoir comment Air France-KLM pourra faire face à cette augmentation, même si "à court terme, il est peu probable qu’Air France-KLM modifie ses plans de capacité en matière de déploiement", estiment les analystes d’UBS.

Mais des précédents existent. Lorsque les taxes ou les redevances aéroportuaires augmentent dans un pays donné, le secteur réagit généralement en redéployant ailleurs ses capacités. A l’image de ce qui vient de se produire en Allemagne, où Ryanair vient d’annoncer la réduction de 12 % de ses vols pour l’été 2025, entraînant l’annulation de 1,8 million de sièges et de 22 lignes, et même l’annulation de tous ses vols vers trois aéroports allemands, en raison du niveau élevé des taxes dans le pays.

S’agissant d’Air France – KLM, le groupe franco-néerlandais pourrait ainsi devoir se tourner vers son autre hub d’Amsterdam-Schiphol pour y déployer des capacités en réduisant la jauge sur certaines lignes françaises.

 

Distorsions de concurrence

 

Cependant, compte tenu de la réduction du nombre de mouvements de vol imposée l’an dernier par le gouvernement néerlandais au groupe Royal Schiphol, qui exploite l’aéroport, Air France – KLM dispose d’une flexibilité qui est "probablement moindre que celle d’autres compagnies aériennes disposant de plusieurs hubs, telles que Lufthansa et IAG", observe UBS.

Ben Smith, le patron d’Air France – KLM est d’ailleurs vent debout contre cette situation qui s’annonce. "Face à des concurrents bénéficiant d’un environnement fiscal et réglementaire plus avantageux, les compagnies françaises ne cessent de perdre du terrain. Les distorsions de concurrence n’ont jamais été aussi fortes en France. Ce n’est plus acceptable", a-t-il déclaré vendredi à l’AFP.

Et c’est sans compter la principale mesure (en rendement) prévue dans le projet de loi de finances ciblant les entreprises réalisant un chiffre d’affaires supérieur ou égal à 1 milliard d’euros. Pour celles réalisant entre 1 et 3 milliards d’euros de chiffre d’affaires, une contribution exceptionnelle correspondant à 20,6 % de l’impôt sur les sociétés dû au titre de 2024 leur sera demandée, tandis que la surtaxe atteindra 41,2 % pour celles au-delà de 3 milliards d’euros de chiffre d’affaires.

Certes, le chiffre d’affaires historique de 30 milliards d’euros réalisé en 2023 par Air France – KLM n’a bien sûr pas été entièrement généré en France. "Mais certainement plus de 3 milliards d’euros l’ont été en particulier grâce du déploiement des capacités", estiment les analystes d’UBS.

De plus, les répercussions négatives de cette surtaxation à venir ne seront vraisemblablement pas cantonnées à Air France – KLM ou au secteur aérien. Plus généralement, "si ces propositions fiscales sont mises en œuvre, ce sera un désastre pour la France ", a alerté l’Association internationale du transport aérien (IATA) dès le début octobre, en rappelant que l’aviation était "un moteur d’emploi et de prospérité, ainsi qu’un accélérateur avéré de croissance dans d’autres secteurs de l’économie". Une réalité également mise en exergue par Ben Smith, qui a souligné vendredi qu’Air France-KLM irriguait "des pans entiers de l’économie française – secteur du tourisme en tête".

 

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