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Forvia n'entrevoit pas (encore) le bout du tunnel / L'environnement automobile dégradé ne facilite pas le désendettement
Il faut parfois toucher le fonds pour mieux rebondir. Si Forvia voit son cours de Bourse gagner 7% lundi, parmi les plus fortes hausses du SBF 120, à la suite de la publication de son chiffre d’affaires du troisième trimestre 2023, il convient de se garder de tout excès d’enthousiasme. Le fait est que l’action de l’équipementier, tombée la semaine dernière à des niveaux inconnus depuis la crise de 2008-2009, part de très bas. Il n’est pas très difficile non plus de publier des ventes conformes, voire légèrement supérieures aux anticipations, quelques semaines après avoir révisé à la baisse ses prévisions annuelles.
Car l’ex Faurecia, qui a changé de nom en 2023 pour marquer son changement de dimension à la suite de l’absorption (en 2022) de l’allemand Hella, est pris sous le feu croisé de la poursuite du ralentissement de l’électrification et du niveau élevé des stocks de véhicules en Amérique du Nord. Une dégradation de l’environnement du secteur que vient d’ailleurs de confirmer S&P Mobility, en abaissant vendredi son scénario pour la production automobile mondiale de cette année.
Dans ce contexte peu porteur, Forvia limite certes la casse. Son chiffre d'affaires s'est inscrit à 6,36 milliards d'euros au troisième trimestre 2024, en baisse de 2,6% en données publiées par rapport à la même période de 2023, mais en recul limité de 0,4% en données organiques, c'est-à-dire hors effets de change et de périmètre. Il ressort que le groupe a surpassée de 420 points de base l'évolution de la production automobile mondiale, qui a reculé de 4,6% dans le même temps selon des données de S&P Global Mobility. Une surperformance essentiellement portée par les divisions Sièges et Intérieur et les régions Europe et Amérique du Nord.
Pour autant, le bout du tunnel n’est pas en vue. L’incertitude reste forte sur l’exercice 2025 compte tenu de la morosité de l’environnement économique global et des inquiétudes liées à la mise en œuvre de la réglementation CAFE (Corporate Average Fuel Economy), qui imposera l'an prochain aux constructeurs un seuil d’émission de CO2 moyen à ne pas dépasser. Signe du flou dans lequel elle évolue, la direction de Faurecia ne souhaite ainsi pas s’exprimer sur ses perspectives pour 2025 avant février prochain.
C’est dans cet environnement adverse que le groupe doit pourtant poursuivre son désendettement, qui était monté à plus de 8 milliards d’euros après le rachat d'Hella, avec un levier financier (ratio de dette nette sur excédent brut d’exploitation ou Ebitda) de plus de trois fois. L'objectif que s'est fixé Forvia est de ramener son levier financier à un niveau inférieur ou égal à 2 fois fin 2024, puis à moins de 1,5 fois fin 2025. Or, la faiblesse de l’activité implique que le désendettement repose encore davantage sur les cessions d’actifs, sur lesquelles la visibilité diminue inévitablement avec la dégradation de l’environnement économique. Le programme de cession d'actifs en cours de 1 milliard d’euros n’a pas évolué depuis la fin du premier semestre, pendant lequel 250 millions d'euros environ avait été encaissés grâce à deux transactions.
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