Droit des sociétés / Portrait / Avocat d'affaires / Philippe Lorentz / August Debouzy
Droit des sociétés
Portrait / Avocat d'affaires / Philippe Lorentz / August Debouzy
Philippe Lorentz, un diplomate du droit fiscal /
L’associé chez August Debouzy sait manier l'art de la négociation pour éviter le contentieux
Il aurait pu faire carrière dans la musique, Philippe Lorentz, associé au cabinet August Debouzy, se plaît à jouer avec les dispositions du droit fiscal. Influencé par sa mère compositrice, c’est à 9 ans que l’avocat entrera en effet au conservatoire pour y pratiquer le piano, puis la flûte traversière. Son entrée en "fac" de droit se fera un peu par hasard. "Après une scolarité à l’école des Francs-Bourgeois à Paris, j’ai intégré l’Université Paris XII-Val de Marne", relate Philippe Lorentz, dans un entretien accordé à WanSquare.
Secret-défense et fiscalité
Pas particulièrement passionné par le droit pénal, alors même qu’il s’intéresse depuis toujours aux métiers de l’enquête et de l’instruction, c’est vers le droit des affaires qu’il se tournera. " J’ai eu Gilbert Tixier comme professeur de droit fiscal, une référence universitaire en la matière ", souligne celui qui obtiendra son DESS de droit fiscal appliqué. "Ce qui me plaisait, c’était les schémas fiscaux complexes", se souvient l’homme de 59 ans.
Très tôt dans ses études, il entreprendra des stages dans des cabinets de conseil juridique. Il passera même son diplôme d’études comptables et financières durant son service militaire. Si Philippe Lorentz est officiellement devenu avocat fiscaliste en 1988, il profitera néanmoins de la loi du 31 décembre 1990, fusionnant les professions d’avocat et de conseil juridique, pour se tourner vers l’entreprise. Ainsi, à la suite de la fusion SGS Thomson-CEA industrie voulue par la Première ministre de l’époque, Edith Cresson, Philippe Lorentz intègre, en 1992, le service fiscal et douanier du Commissariat à l’énergie atomique et le CEA industrie, qui deviendra par la suite Areva.
Des atomes crochus
En 1996, il rejoindra le cabinet d’avocats Coopers & Lybrand (devenu Landwell & Associés puis PwC Société d’Avocats) où il sera promu associé en 2002. "J’ai travaillé sur des acquisitions et des structurations fiscales complexes, impliquant plusieurs pays ", détaille-t-il. C’était sans compter sur le scandale Enron, du nom de l’entreprise américaine du secteur de l’énergie accusée de fraude et de manipulation financière qui a fait faillite et entraîné dans sa chute son auditeur Arthur Anderson. S’ensuivra une loi Sarbanes-Oxley interdisant aux cabinets de pratiquer des activités d’audit et de conseil pour les mêmes clients.
Plusieurs options s’offrent alors à Philippe Lorentz, notamment celle de retrouver l’un de ses amis de chez PwC, Vincent Renoux, avocat fiscaliste comme lui. Il choisira dans ce contexte de créer sa propre boutique en 2004. "Au départ je souhaitais rejoindre un cabinet d’avocats américain. Xavier Rohmer, associé fiscaliste chez August Debouzy depuis 2005, que je connaissais lui aussi depuis mes années chez Landwell & Associés, m’a convaincu de lancer et de co-diriger avec lui le nouveau département fiscal d’August Debouzy. D’autant qu’Olivier Debouzy, l’un des co-fondateurs du cabinet était lui aussi passé par le CEA, et affectionnait comme moi les dossiers concernant des entreprises de défense ", explique Philippe Lorentz.
Rendre le droit fiscal ludique
Une pratique fiscale que les deux associés ont toujours souhaitée raisonnable en taille afin de pouvoir s’adosser aux autres compétences du cabinet. "L’avocat en droit fiscal doit se mettre au service des opérationnels, d’autant que la transposition des règles européennes en droit interne rend la matière de plus en plus complexe", souligne celui qui au cours de ces dix dernières années, a ainsi assisté des groupes français et étrangers dans le cadre de la réalisation et de la rationalisation de leurs investissements.
Philippe Lorentz intervient d’ailleurs plus particulièrement en matière de fusions et acquisitions, et conseille d’importants fonds d’investissement dans le cadre de leurs opérations d’acquisitions et de restructuration. Parmi ses clients, il a accompagné dernièrement le groupe Clariane dans le cadre de l’entrée en négociations exclusives en vue de la cession envisagée de son activité d’Hospitalisation à Domicile en France, le groupe Menix (spécialisé dans les prothèses orthopédiques et les implants dentaires) dans la cession de Serf SAS à l’américain Stryker (une opération coordonnée par un autre associé d’August Debouzy, Etienne Mathey), ou encore Aventa dans le cadre de sa levée de fonds auprès de NextStage AM.
Sagesse
De nombreuses sociétés font également appel à lui dans leurs négociations avec les autorités fiscales. "J’ai toujours privilégié la négociation au contentieux", assure-t-il. "Je conseille aussi des dirigeants de grands groupes dans la mise en place des politiques d’intéressement des salariés et dirigeants associés, mais aussi des personnes physiques étrangères qui ont des actifs en France et cherchent un avocat qui sache maîtriser à la fois les règles fiscales françaises et internationales", ajoute celui qui a notamment participé à la rédaction de l’Encyclopédie de la fiscalité internationale par Doctrine.
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