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Macro-économie / Taux / IA / data centers

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Des data centers gourmands en électricité / La consommation de ce nouveau pan de l’économie inquiète

Pas de danger pour l’ensemble de l’économie, néanmoins les data centers pourraient poser des défis conséquents pour des zones géographiques bien précises. L’Agence internationale de l’énergie argue qu’ils représentent plus de 10 % de la consommation d’électricité de cinq États américains et dépassent les 20 % du total en Irlande. Contraintes physiques sur la demande et gains d’efficacités sont néanmoins attendus par l’AIE pour en partie juguler le problème.
Data center. Photo by RODRIGO ARANGUA / AFP
Data center. Photo by RODRIGO ARANGUA / AFP

Numérisation et Intelligence artificielle sont loin d’être étrangers au développement fulgurant des data centers. L’Agence internationale de l’énergie (AIE) distille quelques chiffres pour étayer son constat sur la question ; parmi lesquels on remarque que pour l’année 2023 "l’investissement global en capital de Google, Microsoft et Amazon, qui sont des leaders du secteur en matière d’adoption de l’IA et d’installation de centres de données, a été supérieur à celui de l’ensemble de l’industrie pétrolière et gazière américaine, totalisant environ 0,5 % du PIB américain".

Les États-Unis sont certes le pays concentrant le plus de dépenses dédiées, il n’en reste pas moins que le phénomène préoccupe les experts de l’AIE étant donné que sa croissance survient concomitamment à des ventes de voitures électriques en hausse partout sur le globe. Actuellement les centres de données sont comptabilisés à hauteur de 1 % de la consommation mondiale d’électricité. Un ordre de grandeur est donné : il s’agit d’environ "la moitié de la consommation d’électricité des appareils informatiques domestiques, comme les ordinateurs, les téléphones et les téléviseurs ".

Pour autant la croissance ne sera peut-être pas exponentielle étant donné que la "production de puces pourrait constituer un goulot d’étranglement à court terme" et qu’il n’est pas impossible que le secteur de l’énergie lui-même puisse "ralentir la croissance de l’IA, si les capacités de production et de réseau ne sont pas disponibles là où elles sont le plus nécessaires".

 

Progrès


L’exercice de prévision est rendu pour le moins difficile, étant donné que si le "nombre et la taille des centres de données vont augmenter considérablement au cours des prochaines années", dans le même temps il apparaît que "cette croissance sera en partie atténuée par des améliorations continues de l’efficacité au niveau du matériel et des logiciels". A titre d’exemple on note qu’une "puce informatique moderne liée à l’IA utilise 99 % d’énergie de moins pour effectuer les mêmes calculs qu’un modèle de 2008". L’agence table cependant sur une augmentation de la demande d’électricité provenant des data centers d’ici la fin de la décennie.

Ses experts classent les véhicules électriques, les climatiseurs comme plus à même d’augmenter l’appétit pour cette source d’énergie. Ce qu’ils pointent du doigt en revanche c’est l’existence d’un "énorme décalage entre les délais rapides de construction des centres de données et le rythme souvent lent de l’expansion et du renforcement des réseaux et des capacités de production". Nous nous faisions récemment l’écho des difficultés propres au nucléaire qui est exposé à ce risque, il s’avère que le même danger se présente ici pour l’ensemble des énergies renouvelables. Le rythme de la transition énergétique pourrait dès lors en pâtir.


Responsable

 

La question de la démocratisation de l’IA et de sa vitesse reste entière pour l’AIE, quelques pistes sont données par ses soins comme suggèrent des signes "que l’adoption par les ménages est rapide – peut-être plus rapide que pour d’autres technologies numériques transformatrices". Une dimension à ne pas négliger tant l’usage des ménages sera déterminant pour la demande d’énergie. Ainsi la "génération de vidéos est beaucoup plus énergivore que la génération de texte ou la recherche assistée par l’IA".

Pour le géant de l’énergie il apparaît crucial d’avoir un dialogue public privé pour parvenir à une IA la plus responsable possible. La prochaine conférence mondiale sur l’énergie et l’IA semble le lieu idoine à leurs yeux pour avancer sur la question. Des déclarations d’intention qui ne doivent pas faire oublier un critère déterminant : le rendement financier c’est la promesse de ce dernier qui permet actuellement à des flux considérables d’y être alloué.

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