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Année blanche et nouvel avertissement pour Capgemini / Les clients industriels serrent la vis mais pourraient la desserrer en 2025

La détérioration de l’activité de Capgemini s’est confirmée au troisième trimestre, obligeant le groupe à revoir une seconde fois ses prévisions annuelles. Confronté à la détérioration accrue du marché des services numériques, en particulier dans les secteurs automobile et aéronautique, Capgemini prévoit désormais une décroissance de son chiffre d’affaires de 2 % à 2,4 % en 2024. Après avoir vu son activité décliner sans discontinuer en 2024, le groupe garde cependant l’espoir de retrouver le chemin de la croissance en 2025. Il compte pour cela lancer une série d’actions ciblées afin de mieux capitaliser sur la poursuite de la reprise observée dans les TMT et les services financiers, ainsi que sur l’amélioration espérée chez ses clients industriels.
Capgemini a lancé un nouvel avertissement sur ses résultats 2024 - Photo by SEBASTIEN LAPEYRERE / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP
Capgemini a lancé un nouvel avertissement sur ses résultats 2024 - Photo by SEBASTIEN LAPEYRERE / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP

Entre une croissance plus faible qu’anticipé, sans espoir d’amélioration à court terme, dans un marché des services numériques qui se détériore plus qu’il ne s’améliore, les motifs de satisfaction se font rares à la lecture des chiffres d’activités du troisième trimestre de Capgemini. Pour l’ensemble de 2024, le numéro un français du secteur s’attend désormais à voir son chiffre d’affaires reculer de 2 % à 2,4 % à taux de change constants, soit un deuxième avertissement après celui de juillet, quand il avait indiqué tabler sur un recul de 0,5 % à 1,5 %.

On se souvient qu’en tout début d’année, la société prévoyait une croissance de 0 % à + 3 %. Mais encore eut-il fallu qu’elle parvienne à afficher un trimestre de croissance positive de toute l’année. Or cela n’arrivera pas. Le chiffre d’affaires du groupe dirigé par Aiman Ezzat s’est établi à 5,38 milliards d’euros sur les trois mois de juillet à septembre, en baisse de 1,6 % à taux de change constants, là où le consensus des analystes tablait sur 5,43 milliards d’euros. Et au quatrième trimestre, "dans un marché qui reste peu dynamique", Capgemini s’attend à une évolution de son chiffre d’affaires "similaire" à celle du troisième trimestre, a prévenu le directeur général du groupe, Aiman Ezzat.

Cela impliquera donc une décroissance organique qui devrait être proche de 2 % sur les trois derniers mois de l’année. Les analystes, qui estimaient en moyenne que la baisse de l’activité serait de 1,7 % sur l’ensemble de l’année, et tablaient donc sur un rebond implicite de 0,8 % au quatrième trimestre, doivent refaire leurs calculs. D’autant que la prévision de marge a également été abaissée, le groupe la situant désormais entre 13,3 % à 13,4 %, au lieu d’une précédente fourchette de 13,3 % à 13,6 %. De leur côté, les investisseurs se délestent massivement de leurs actions Capgemini. L’action chutait de 5,6 % mercredi, à 166,15 euros, soit la plus forte baisse du CAC 40. Depuis le début de l’année, le titre accuse désormais un recul de 13 %.

 

 

Amélioration séquentielle

 

Pourtant, si l’on analyse l’évolution depuis le début de l’année, "l’amélioration séquentielle est bien là" après la baisse de 3,3 % du premier trimestre, suivie de celle de 1,9 % du deuxième, note le bureau de recherche de TP Icap Midcap. Mais, ajoute-t-il, l’activité du groupe "reste perturbée par le caractère discrétionnaire de la dépense IT dans un contexte compliqué dans l’automobile et l’aéronautique". Capgemini n’est pas seul dans ce cas. Alten, dont la récente publication du troisième trimestre a également déçu, subit de même les plans d’économies lancés par les grands clients de ces secteurs, qui entraînent des annulations ou des reports de démarrage de projet.

Si l’on regarde spécifiquement le marché français, qui représente 19 % du chiffre d’affaires de Capgemini, le ralentissement du secteur de l’Industrie a ainsi plus que compensé la croissance du secteur public et la dynamique positive des TMT (Télécommunications, Média & Technologie). Il reste que si Capgemini subit sans grande surprise cette situation, "l’ampleur est plus importante que ce que nous craignions" constate le cabinet Oddo BHF, qui pointe également la performance "étonnamment faible" du groupe aux Etats-Unis. En Amérique du Nord justement, où le groupe réalise 28 % de son chiffre d’affaires, son activité a reculé 3,9 %, pénalisée, en l’occurrence, par les secteurs des biens de consommation & commerce, de l’énergie et des utilities et du secteur public.

 

Actions ciblées

 

"Sur le plan géographique, l’Amérique du Nord s’améliorera mais ne se redressera pas autant qu’initialement prévu, tandis que la France poursuivra son déclin, principalement sous l’effet de l’industrie manufacturière", a résumé Aiman Ezzat, le directeur général de Capgemini, lors de la conférence téléphonique avec les analystes. Dans ces conditions, 2025 se présente nécessairement sous des auspices moins favorables que prévu. L’absence d’amélioration attendue au quatrième trimestre implique que le groupe va aborder l’année prochaine avec une croissance embarquée négative.

Un contexte dans lequel le groupe a décidé de "lancer une série d’actions ciblées pour simplifier nos opérations, pour rendre le groupe plus agile, en mettant davantage l’accent sur la croissance du chiffre d’affaires", a indiqué le dirigeant. Il a précisé qu’il ne fallait pas y voir "une grande transformation" mais une volonté de "simplifier la façon dont nous opérons et de rationaliser la prise de décision".

Une lueur d’espoir est ainsi permise. Car d’une part, "nous nous attendons à ce que la reprise observée dans les TMT et les services financiers se poursuive", a indiqué Aiman Ezzat. D’autre part, le dirigeant estime que les forts vents contraires rencontrés dans un certain nombre de secteurs industriels résultent de mesures assez drastiques prises à très court terme par les entreprises afin de sécuriser leur fin d’année. Si tel est bien le cas, cela signifie selon lui que "les investissements devront revenir dans une certaine mesure l’année prochaine, pour soutenir le retour à la croissance".

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