Fusions, Acquisitions / M&A / Fusions et acquisitions
Fusions, Acquisitions
M&A / Fusions et acquisitions
La reprise des fusions-acquisitions s’intensifie en 2024 / Le secteur financier, fer de lance de la reprise en Europe
La reprise des fusions et acquisitions qui s’était enclenchée à la fin de 2023 s'accélère. Après neuf mois en 2024, l'activité mondiale de fusions et acquisitions affiche une hausse de 27,6 % en valeur et de 13,3 % en nombre d'opérations en glissement annuel, indique Pitchbook dans son dernier rapport trimestriel sur le M&A.
La dynamique pourrait certes commencer à faiblir quelque peu alors que la base de comparaison va commencer à devenir plus difficile, puisque la fin de l’année dernière avait marqué le début de la reprise. Pour autant, la tendance semble désormais bien installée, confirmant un scénario déjà observé dans le passé, et donc, dans une certaine mesure, prévisible.
Le fait est que les fusions et acquisitions rebondissent en effet presque toujours après deux baisses consécutives, comme celles enregistrées en 2022 et 2023. Si les deux précédents ralentissements de 2007-2008 et 2001- 2002 avaient marqué des reculs de 60 à 70 %, la baisse de près de 35% enregistré sur 2022-2023 a “ouvert la voie à une reprise plus modeste”, note Pitchbook.
Cette reprise s'est toutefois opérée à des rythmes différents selon la nature des acheteurs. Car si les opérations de fusions et acquisitions menées par les entreprises avaient redémarré très tôt, le private equity est, lui, longtemps resté à la traîne du fait du niveau élevé des coûts d'emprunt. “Cette situation a commencé à changer au deuxième trimestre et, depuis le troisième trimestre, le rattrapage des opérations de capital investissement a permis d'enrayer le déclin de la part du capital investissement dans la valeur des fusions-acquisitions", note Pitchbook. Passée de 44,7 % en 2022 à 39,5 % en 2023, cette part “s’est redressée à 41,2 % depuis le début de l'année, ce qui correspond à peu près à sa moyenne quinquennale”, précise le cabinet.
Vers une deuxième phase de baisse des coûts d'emprunts
Le rebond de l'activité des sponsors financiers est largement lié au retour des grandes banques sur le marché des prêts aux entreprises. Afin de reprendre la main face aux acteurs non bancaires qui avaient pris leur place en leur absence, celle-ci ont dû mener une concurrence féroce qui s’est traduite par une baisse des coûts d'emprunt des prêts soutenant les opérations de LBO.
Le taux d'emprunt global sur les prêts à effet de levier américains sur le marché des prêts largement syndiqués (BSL) pour les émetteurs notés B est ainsi passé d'un pic cyclique de 11% fin mai 2023 à 9,7 % à la mi-septembre 2024, juste avant la réduction d'un demi-point du taux de base de la Réserve fédérale.
Le même phénomène s'est produit dans la zone euro, où les coûts d'emprunt des BSL, qui avaient atteint un sommet à 9,1 % en juin 2023, ont été ramenés à 8,4 % un an plus tard, juste avant le début des baisses de taux de la Banque centrale européenne. “Ainsi, le marché des fusions et acquisitions a bénéficié d'un cycle "furtif" de réduction des taux bien avant que les banques centrales ne commencent à le faire”, note Pitchbook.
Les banques centrales américaine et européenne ayant désormais chacune enclenché leur cycle de baisse de taux, le marché des fusions et acquisitions peut d’ailleurs espérer une deuxième phase de baisse de coûts d’emprunt. “La durée et l'ampleur des réductions de taux restent à voir, mais elles devraient dépasser les 70 à 100 points de base déjà administrés par les marchés et soutenir la dynamique des volumes de fusions et d'acquisitions pour une deuxième année au moins”, estime le cabinet.
Si l’on s’intéresse spécifiquement à l’Europe, les fusions et acquisitions y ont enregistré une croissance séquentielle en valeur de 6% au troisième trimestre, et le continent est en bonne voie de terminer l'année 2024 avec une croissance de 20 % en valeur et de 11 % en nombre d’opérations, estime Pitchbook. "Avec la baisse des taux d'intérêt, nous observons une légère hausse des valorisations […] en particulier pour les sociétés européennes cotées en bourse", note Nicolas Moura, analyste private capital chez Pitchbook pour la zone EMEA.
La fin d'année se présente bien
C’est ainsi par exemple qu’un consortium mené par le fonds suédois EQT a racheté en juillet la société irlandaise de jeux vidéo Keyword Studios pour plus de 2,5 milliards d’euros. Au troisième trimestre, la plus grande opération annoncée en Europe a vu le groupe danois DSV racheter DB Schenker, la filiale logistique de la Deutsche Bahn, pour 14,3 milliards d'euros. Autre exemple, la cession finalisée début juillet du réseau de téléphonie fixe de Telecom Italia à KKR pour 22 milliards d'euros.
Il convient de noter par ailleurs que le secteur financier connaît une certaine effervescence depuis le début de l’année. Outre Axa, qui négocie actuellement la vente de sa branche de gestion d'actifs, AXA Investment Managers, à BNP Paribas, pour 5,1 milliards d'euros, UBS a annoncé en août la cession de son activité de stratégies d'investissement quantitatives pour 1,5 milliard de dollars (près de 1,4 milliard d’euros). Toujours au troisième trimestre, le groupe d’investissement sportif Arctos Partners a acquis une participation majoritaire dans la société européenne d’investissement Hayfin Capital, en collaboration avec ses principaux dirigeants, sur la base d’une valorisation de 1,3 milliard de dollars. Pour ce seul secteur, "nous prévoyons une valeur de plus de 100 milliards de dollars pour quelque 1 000 transactions d'ici à la fin de l'année", indique Nicolas Moura.
D’une façon générale, la fin d’année se présente bien pour les fusions et acquisitions européennes. La hausse des marchés actions, combinée à la baisse progressive des taux d'intérêt par les banques centrales et à la maîtrise de l'inflation, "devrait continuer à stimuler l'activité", estime Nicolas Moura.
Reproduction et diffusion interdites sans autorisation écrite

