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Le marché automobile français reste embourbé / Les véhicules électriques toujours en panne
Toujours pas d’embellie sur le front des immatriculations : le marché automobile français a poursuivi sa spirale de baisse en octobre pour le sixième mois consécutif, enregistrant même un troisième recul d’affilée à deux chiffres. Il s’est immatriculé le mois dernier 135 529 voitures particulières neuves en France, soit 11,1% de moins qu’à la même période un an plus tôt, a annoncé vendredi La Plateforme automobile (PFA), qui rassemble la filière dans l'Hexagone.
Si le Mondial de l’Automobile avait ravivé l’espoir d’une reprise des commandes, force est de constater que son effet ne se fait pas encore sentir, le marché continuant de s’enfoncer chaque mois davantage dans la crise. Le cumul de 1,4 million d’immatriculations recensées de janvier à octobre affiche un recul de 2,9 % par rapport aux dix premiers mois 2023, malgré deux jours ouvrés supplémentaires cette année, "illustration d’un marché s’installant dans une nouvelle normalité à volumes réduits par rapport à ses niveaux historiques", note ainsi le cabinet AAA Data.
Dans une certaine mesure, l’accélération de la baisse peut, certes, être relativisée au regard de la base de comparaison assez haute avec des mois de septembre et octobre 2023, qui avaient profité d’un rattrapage des livraisons après une longue période de difficultés de production et de logistique.
Pour autant, cet effet de base défavorable "ne doit pas masquer la réalité actuelle", souligne Marie-Laure Nivot, Head of Automotive Market Analysis chez AAA DATA. L’analyste rappelle que l’année 2023 s’était conclue avec un recul de 9% des commandes de voitures par rapport à l’année précédente, un trou d’air qui "se retrouve dans les immatriculations de 2024, et laisse penser que le marché en cumulé devrait moins performer que l’année précédente".
Le verdissement du parc toujours largement tributaire des subventions
Parmi les principales causes de cette atonie des ventes figure l'attentisme dont les acheteurs font preuve depuis plusieurs mois à l'égard des véhicules électriques. En octobre, les immatriculations de voitures particulières électriques neuves ont chuté de 18 %, et leur part de marché a reculé à 15 %, contre 17 % en octobre 2023.
La motorisation électrique en elle-même parvient pourtant à susciter l'intérêt des Français lorsque l’offre répond davantage aux attentes des clients. En témoigne la première place obtenue par la Citroën E-C3 au classement des voitures électriques immatriculées en octobre.
Pour autant, compte tenu du coût élevé de ces véhicules, l’accélération de l’électrification du parc reste largement tributaire des subventions. Or, les aides à l’achat de voitures électriques neuves en France sont plafonnées à 4000 depuis février dernier (pour les ménages dont le revenu fiscal de référence par part est supérieur à 15 400 euros). Et si l'on se projette sur 2025, il faut être conscient que les ventes de voitures électriques seront essentiellement conditionnées par l’enveloppe budgétaire, toujours en discussion, dédiée au verdissement du parc.
A cet égard, tandis que le Mondial de l'Automobile s’est tenu dans un contexte de discussions politiques favorisant l’électrification du parc, "une lueur d’espoir existe du côté des carnets de commande, en progression de 7% de janvier à septembre 2024, et du leasing social, qui pourrait être de retour l’année prochaine", indique Marie-Laure Nivot, de AAA DATA.
En attendant, parmi les différentes motorisations, seules les motorisations hybrides progressent. Leurs immatriculations ont augmenté de 19% le mois dernier, représentant aujourd’hui près d’une immatriculation sur deux contre une sur trois en octobre 2023.
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