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La relance chinoise ne convainc toujours pas / Le retour de Donald Trump au pouvoir est un défi supplémentaire pour l’Empire du Milieu
Une nouvelle fois le gouvernement chinois peine à convaincre. La dernière mesure de soutien dévoilée consiste en une marge de manœuvre étendue pour les gouvernements locaux. Ces derniers vont pouvoir émettre près de 780 milliards d’euros supplémentaires, soit 4,6 % du PIB, d’"obligations spéciales" sur trois ans. Un changement qui doit leur permettre de refinancer leur dette hors bilan.
Cette dernière est due au fait qu’ils ne peuvent pas lever directement de la dette, mais sont obligés de recourir à d’autres mécanismes. Elle n’apparaît donc pas directement dans leur bilan. L’objectif d’une telle mesure semble de redonner de la marge de manœuvre à des entités dont les ressources ont fondu, en raison de la crise immobilière frappant le pays.
Attendre
La déception est cependant de mise chez de nombreux observateurs dont Mark Williams, économiste en chef Capital Economics pour l’Asie, fait partie. Il considère certes que "la réduction des frais d’intérêt libérera des ressources pour les gouvernements locaux qui pourront les dépenser ailleurs", l’impact n’en restera pas moins limité à ses yeux. Il se fait notamment l’écho du ministre des Finances, qui "a suggéré aujourd’hui que cela s’élèverait à 600 milliards de yuans (0,46 % du PIB actuel) répartis sur cinq ans : de toute évidence, cela ne fera aucune différence notable pour la demande globale".
L’économiste est contraint de prendre son mal en patience et souligne "qu’encore une fois, on nous a dit qu’il y avait d’autres choses prévues ". Les autorités chinoises ont annoncé par l’intermédiaire de Lan Fo’an, le ministre des Finances, qu’il y aurait d’une part une hausse du déficit budgétaire l’an prochain et de l’autre qu’une émission obligataire spéciale visant à reconstituer le capital des grandes banques d’État devrait avoir lieu.
Nerf de la guerre
La question de la demande n’a pas été au centre du discours des autorités chinoises, il semble néanmoins qu’elles devront s’y atteler tôt ou tard. On souligne ainsi chez Coface que " les exportations ont historiquement comblé le déficit de la demande intérieure", or il lui est de plus en plus compliqué d’y avoir recours étant donné que "les barrières commerciales se multiplient, probablement à un rythme encore plus rapide sous la seconde présidence Trump ". Ce dernier envisageant au cours de sa campagne d’imposer des droits de douane à hauteur de 60 % aux importations en provenance de Chine.
Stimuler la demande intérieure n’est pas tâché aisée cependant, le spécialiste de l’assurance-crédit estime qu’étant donné que "la confiance des consommateurs est à un niveau historiquement bas, l’économie ne peut pas se contenter de compter sur la demande intérieure et d’endurer une surcapacité chronique". Elle pourrait en effet voir s’amplifier les pressions déflationnistes.
Tout n’est pas pour autant négatif et particulièrement à court terme, Mark Williams et ses équipes notant qu’il reste encore des fonds budgétés pour cette année à allouer et qu’ils s’élevaient à 1,6 % du PIB en octobre. De quoi améliorer la croissance à très court terme mais guère davantage.
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