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Alexandre Ricard renouvelé dans son mandat d’administrateur chez Pernod Ricard / Objectif : faire du titre en Bourse le « best pick » du secteur
Sous les applaudissements de la salle Pleyel et les remerciements chaleureux de certains actionnaires individuels, le président-directeur général de Pernod Ricard, Alexandre Ricard, a vu, ce vendredi après-midi, son mandat d’administrateur être renouvelé (à 88,29 % des votes), en assemblée générale.
Frustration sur le cours de Bourse
Une réunion d’actionnaires qui a permis au patron du groupe qui fêtera ses 50 ans l’année prochaine de revenir sur les performances financières de l’entreprise l’année dernière et au premier trimestre. Pour mémoire, elles ont été marquées par une baisse sensible et continue des ventes dans ses deux principaux marchés, les Etats-Unis et la Chine.
Un ralentissement qui a entraîné une baisse du titre en Bourse et un nouvel appétit de la part du fonds activiste américain Elliott qui reviendrait à la charge après avoir déjà attaqué Pernod Ricard en 2018. "Les moteurs de croissance de Pernod Ricard, c’est comme un avion à quatre moteurs. Quand l’un tombe en panne, il y a toujours les autres pour assurer sa vitesse de croisière. Quand les deux principaux tombent en panne en même temps, c’est plus chahuté mais c’est le sens du travail que nous menons aujourd’hui pour prouver qu’en cas de difficultés nous pouvons être résilients. Quand le retour au cycle haussier apparaîtra, nous saurons saisir toutes les opportunités et être le ‘best pick’ dans le secteur. C’est notre objectif pour l’année qui vient ", a déclaré Alexandre Ricard, jugeant le cours trop bas (-34 % de sa valeur depuis trois ans, à environ 112 euros). "C’est clairement une frustration. Mais c’est tout le secteur qui est sous pression du cours et qui a vu ses multiples de valorisation baisser ", a-t-il précisé.
Un potentiel de croissance énorme en Inde
Et Alexandre Ricard de se montrer confiant en l’avenir. Et ce pour plusieurs raisons. D’abord grâce à la stratégie diversifiée de l’entreprise, aussi bien en termes de marques (le portefeuille le plus complet du secteur avec 200 marques, qui tend à se "premiumiser" et à s’adapter aux nouveaux modes de consommation) que géographique (le réseau Pernod Ricard couvre 160 pays). "L’Inde est un atout majeur pour Pernod Ricard. La croissance du Produit intérieur brut y est attendue de 6 à 7 % à moyen terme. Par ailleurs, il existe un vrai potentiel démographique avec 25 millions de personnes de plus en âge de boire chaque année, ce qui offre un grand pool de consommateurs potentiels ", a-t-il indiqué.
Pour mémoire, le groupe possède déjà en Inde une part de marché de 48 % et certaines décisions politiques pourraient bien l’aider à voir encore plus grand. "Peut-être qu’un jour, il y a aura des accords de libre-échange, entre le Royaume-Uni et l’Inde ou avec l’Europe ", s’est plu à espérer Alexandre Ricard.
Ecouter l’Oracle d’Omaha
S’agissant des Etats-Unis, le président-directeur général a martelé que le retour à une dynamique de croissance coïnciderait avec le regain du pouvoir d’achat des Américains. "Les prix ont beaucoup augmenté pendant la période du ‘super cycle post-Covid’. Par ailleurs, nous avons subi un phénomène de déstockage à tous les maillons de la chaîne de valeur car les taux d’intérêt ont eux aussi beaucoup augmenté. Enfin, le pouvoir d’achat des consommateurs de la classe moyenne a été sous pression du fait de l’inflation. La tendance à la baisse des taux d’intérêt et de l’inflation pourrait dans ce contexte être un bon signe pour les mois à venir, et également pour le cours de Bourse de Pernod Ricard, les investisseurs attendant d’avoir de la visibilité sur le potentiel du marché américain pour acheter ", a souligné Alexandre Ricard, prédisant un retour du marché américain à des taux de croissance historiques, de l’ordre de 4 à 5 %, et citant Warren Buffett, qu’il a rencontré une fois durant ses études aux Etats-Unis, "Ne jamais sous-estimer le consommateur américain. La vraie question est de savoir quand ", s’est-il interrogé.
L’expérience du premier mandat de Donald Trump
Même question concernant la Chine. "L’environnement macro-économique est déprimé, le taux de chômage chez les jeunes est de 20 %. En conséquence, la confiance et le moral des consommateurs ne suivent pas. Le cycle actuel pour le Cognac est déprimé mais il ne le restera pas. S’il traverse une passe difficile à court terme, son potentiel reste inchangé. C’est sans doute le segment de spiritueux le plus cyclique, nous avons déjà connu des baisses dans le passé ", a tenté de rassurer le patron de Pernod Ricard, se montrant également confiant quant aux capacités du groupe à faire face aux potentiels tarifs douaniers chinois supplémentaires sur le Cognac importé. "Nous nous mettons en ordre de bataille pour pouvoir les absorber, comme nous l’avons fait avec la hausse des droits de douane américains durant le premier mandat de Donald Trump, et que nous referons encore si nécessaire du fait de sa réélection à la présidence des Etats-Unis", a rappelé Alexandre Ricard.
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