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Macro-économie / Taux / Marchés financiers / BCE

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Marchés financiers / BCE

Marchés actions : la BCE évoque un risque accru de correction / Les valorisations et la concentration de la performance l’inquiètent

Dans son rapport semestriel sur la stabilité financière, l’institution de Francfort juge que la résilience affichée par les marchés actions pourrait ne pas durer. En cause ? Une potentielle bulle dans le secteur de l’intelligence artificielle.
Luis de Guindos, vice-président de la Banque centrale européenne - Valeria Mongelli / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP
Luis de Guindos, vice-président de la Banque centrale européenne - Valeria Mongelli / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP

"Jusqu’à présent, les marchés financiers ont fait preuve de résilience, les épisodes de volatilité étant brefs et n’ayant qu’un impact limité sur le système financier dans son ensemble". Le constat fait par Luis de Guindos, vice-président de la Banque centrale européenne (BCE), n’empêche pas l’institution de Francfort de se montrer inquiète dans son nouveau rapport sur la stabilité financière.

"Les valorisations élevées et la concentration, en particulier sur les marchés d’actions, restent une préoccupation majeure, rendant les marchés susceptibles de subir des corrections brutales", juge l’institut d’émission. La BCE note par exemple qu’aux États-Unis, les cinq plus grosses capitalisations boursières du S & P 500 représentent plus d’un quart du total des capitalisations de l’indice (contre un peu plus de 15 % avant l’éclatement de la bulle internet). Même chose si l’on regarde les bénéfices (20 % contre environ 7,5 % avant l’éclatement de la bulle internet).

Du côté des valorisations, les price-to-book (capitalisation boursière rapportée à l'actif net de l’entreprise) ont progressé entre janvier 2023 et aujourd’hui (ce n’est pas vraiment le cas de l’Euro Stoxx, il s'est à peu près stabilisé en dessous de 2) passant de 4 à 5 sur le S&P 500. C’est le reflet d’une révision sensible à la hausse de la prévision à deux ans du taux de croissance annuel moyen des bénéfices par action (elle est passée de 4 à 5,5% pour le S&P 500), portée notamment par les grandes attentes sur l’intelligence artificielle. A noter que le price-to-book des "Sept Magnifiques" (Alphabet, Amazon, Apple, Meta, Microsoft, Nvidia et Tesla) est passé de 6 en janvier 2023 à 12 aujourd'hui.

"Les valorisations et les primes de risque sont donc vulnérables à un changement d’appétit pour le risque. Celui-ci pourrait être déclenché par des facteurs tels qu’un affaiblissement des perspectives de croissance, une hausse inattendue de l’inflation, une nouvelle escalade des tensions géopolitiques ou des résultats d’entreprise décevants", prévient la BCE.

Cela pourrait ne pas être sans conséquence sur les autres classes d’actifs. "Les pics de volatilité des marchés pourraient à leur tour déclencher des ventes forcées d’actifs dans les fonds d’investissement de la zone euro, ce qui pourrait également avoir une incidence significative sur les marchés obligataires de la zone euro, compte tenu notamment de l’importance des obligations d’entreprises de la zone euro dans ces fonds", avertit la Banque centrale.

Pour ces établissements non bancaires, la concentration élevée et croissante des investissements en actions, en particulier dans les valeurs technologiques américaines, accroît le risque de chocs de réévaluation, soutient-elle.

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