Macro-économie / Taux / Coface / Etats-Unis / Chine / électronique
Macro-économie / Taux
Coface / Etats-Unis / Chine / électronique
Des interdépendances sino-américaines dans l’électronique qui perdurent / Une déconnexion des deux pays perturberait les chaînes de valeurs
Pour l’heure les menaces restent au stade des paroles. Malgré une rhétorique hostile à l’Empire du Milieu de plus en plus forte aux États-Unis, le découplage économique est loin d’être totalement effectif. Tout particulièrement dans le domaine de l’électronique. Aurélien Duthoit, analyste senior – secteurs chez Coface, estime dans une note dédiée que certes "la guerre technologique entre les États-Unis et la Chine bouleverse le paysage mondial de l’électronique" et ce depuis 2018 pourtant il note que "l’interdépendance reste forte entre ces deux puissances". Il considère qu’une fragmentation de l’industrie est toujours possible d’ici 2035.
Plusieurs scénarios ont été explorés par ses soins, qu’il résume comme allant de la "stagnation technologique" à la "fracture technologique". Il n’est pas à exclure, selon lui, que des tensions exacerbées goupillées au progrès technologique conduisent à une "scission complète des chaînes d’approvisionnement mondiales ". Forçant le reste du monde à choisir entre les deux camps, ce scénario particulièrement averse signifierait une augmentation de "la complexité des échanges commerciaux, limitant l’accès aux marchés et rendant la concurrence plus imprévisible".
Lourde facture
Des facteurs dont la liste n’est pas exhaustive et qui devraient aux yeux de l’analyste contribuer "à alimenter la volatilité d’un secteur déjà cyclique et à alourdir considérablement la charge des coûts". Dans un tel cas de figure il vaut mieux prévenir que guérir. C’est ce qu’il suggère tant en termes de diversification des chaînes d’approvisionnement, d’autonomie des filiales ou toutes autres mesures permettant de diminuer ce risque.
Il est néanmoins bien possible que cette compétition fasse quelques perdants. Un chiffrage est fourni par Coface et il s’avère que c’est près de 150 milliards de dollars d’exportations qui auraient été perdus par la Chine vers les États-Unis et ce depuis 2017. Ce qui a déjà entraîné d’importantes reconfigurations des flux commerciaux dont notamment des importations américaines bien plus conséquentes depuis le Mexique, Taïwan ou encore le Vietnam.
Temps long
Pourtant les échanges entre les deux mastodontes économiques sont loin d’être réduit à néant pour l’heure, notamment puisque "les importations électroniques américaines en provenance de pays tiers (Vietnam, Taïwan, Mexique) intègrent une part importante de composants chinois". Les entreprises américaines peuvent également être circonspectes face à la perspective de chaînes de valeurs potentiellement bouleversées, tant elles tirent profit de la situation actuelle.
Les chiffres produits par Coface font effet état que "les entreprises américaines ont capté 54 % des bénéfices générés par l’industrie électronique mondiale au cours de la dernière décennie, une part qui atteint 88 % si l’on inclut leurs homologues japonais, sud-coréen et taïwanais", là où il s’avère que "malgré l’augmentation de leurs ventes et des progrès technologiques notables, les entreprises chinoises n’ont obtenu que 7 % des bénéfices de l’industrie mondiale dans le domaine de l’électronique et restent loin derrière les leaders dans le segment stratégique des semi-conducteurs". De quoi rendre moins audible, à court terme, la nécessité de réduire ses liens avec l’Empire du milieu.
Reproduction et diffusion interdites sans autorisation écrite

