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Vinci Energies / journée investisseurs

Vinci Énergies, une machine à acquisitions bien huilée / Un levier à activer pour atteindre ses ambitions de 2030

Confortablement installée sur des secteurs d’activité portés par des tendances de fond, la branche du géant français de l’énergie, de la construction et des concessions, a détaillé ses objectifs à l’horizon 2030 lors de sa journée investisseurs organisée vendredi. L’occasion de revenir sur la stratégie de Vinci Énergies et notamment en matière d’acquisitions, puisque sa politique de croissance externe est tout particulièrement soutenue. Une méthode lui permettant de créer de la valeur, aux côtés de plusieurs autres leviers et aspects intrinsèques à son modèle. Autant de facteurs qui mériteraient, selon la filiale de Vinci, d’être mieux reconnus par les analystes financiers dans sa valorisation.
Arnaud Grison, président-directeur général de Vinci Energies (crédits : Vinci)
Arnaud Grison, président-directeur général de Vinci Energies (crédits : Vinci)

Vinci Énergies ne compte pas ralentir en si bon chemin. La branche du spécialiste des concessions, de la construction et donc de l’énergie a tenu aujourd’hui une journée investisseurs dédiée à sa filiale afin de détailler ses ambitions à l’horizon 2030 - le premier depuis 2016. Dans le détail, il est prévu que la croissance annuelle de ses revenus entre 2024 et 2030 soit comprise dans une fourchette "mid to high single digit", soit de 5 à 9 %. L’international devrait y occuper une part de 65 % à cette échéance, contre 58 % pour l’instant. Quant à la marge opérationnelle, elle est attendue supérieure ou égale à 7,5 %. Enfin, le taux de conversion de son résultat net en cash devrait être d’au moins 100 %.

Il faut dire que deux grandes tendances devraient l’aider à atteindre ses ambitions financières : la transition énergétique et la transformation digitale, qui stimulent la demande de ses clients pour ses quatre unités d’affaires. Il y a celle des infrastructures, tout d’abord, qui développe par exemple des architectures pour la mobilité électrique ou bien des réseaux énergétiques, puis celle de l’industrie, qui œuvre dans la robotique ou dans les contrôles de process et l’automatisation, celle des solutions pour les bâtiments et, enfin, ses activités dans les technologies de l’information et de la communication. Une palette de quatre expertises, permettant donc à Vinci Énergies d’être installé sur des marchés dynamiques.

 

Poursuivre ce qui fonctionne

 

Mais Vinci Énergies ne prévoit pas seulement de se laisser conduire par des tendances favorables. Malgré la crise sanitaire, énergétique ou le choc inflationniste, la filiale de Vinci est parvenue à générer de la croissance à long terme. Au titre de l’exercice de 2023, elle avait enregistré un chiffre d’affaires de 19,3 milliards d’euros, en hausse de 11 % sur un an et représentant le double de ses revenus en 2016 et prévoit aussi qu’en 2024, la progression de l’activité sera au rendez-vous. Le résultat, entre autres, d’une politique d’acquisitions soutenue bien menée. De fait, l’entité a réalisé 288 acquisitions depuis 2014, soit une toutes les deux semaines en moyenne. La contribution du M & A à la croissance annuelle est de 57 %, estime Vinci Énergies (pour 23 millions d’euros de revenus en moyenne par acquisition). "Les acquisitions constituent une croissance quasi-organique du chiffre d’affaires", pointe Vinci Énergies. Entre 2014 et 2023, 3,2 milliards d’euros ont en tout cas été dépensés pour ces dernières. Ce qui ne fait néanmoins pas tout.

"Faire une acquisition est simple. Il suffit de signer un chèque. Le plus important c’est l’intégration et ce que nous appelons la "quartzification". Cela signifie qu’il faut transformer l’organisation et la culture pour assure la cohérence et amener les entreprises dans notre réseau", a expliqué le président-directeur général de Vinci Énergies, Arnaud Grison. Une intégration organisée notamment grâce à un plan "4 x 3", permettant de fixer des objectifs à trois jours, trois semaines, trois mois et trois ans. Et qui se déroule aussi grâce à des cibles bien choisies. "Nous favorisons une approche directe", a poursuivi le dirigeant, pointant par exemple se reposer sur les équipes locales pour rencontrer le management des entreprises qui rejoindront le groupe, sans l’appui d’une équipe dédiée au M & A. "Nous voulons être choisis pour notre culture et notre qualité. Les valorisations dépendent de la taille ou des expertises. Par exemple, les multiples sont bien plus élevés aux États-Unis, nous les évaluons donc avec prudence", a indiqué Arnaud Grison.

 

Mieux prendre ses qualités en compte

 

Un mélange de discipline sur les valorisations, d’intégration et de création de synergies qui permet de créer de la valeur, estime Vinci Énergies. "Cette dynamique n’a pas détérioré les retours sur nos capitaux employés", a de son côté souligné la directrice financière de Vinci Énergies, Nathalie Boijoux. "Au contraire, elle s’est établie à 19,9 % en 2023", a-t-elle poursuivi, ce qui correspond à une augmentation de 330 points de base depuis 2016. Vinci Énergies souligne bien que la croissance externe fait partie de son ADN, ce qui appelle donc à poursuivre cette politique. D’autant qu’il reste de l’espace pour la déployer. Le marché est fragmenté et Vinci Énergies en est le champion en matière de taille, avec environ 15 % de parts de marché en France et plus de 2 % en dehors. Les acquisitions de taille moyenne seront toujours privilégiées, mais certaines opportunités de plus grande envergure ne sont pas à exclure.

Cette position de leader, Vinci Energies estime d’ailleurs qu’elle ne se reflète pas encore dans sa valorisation, au regard des vents porteurs qui soufflent sur ces marchés et de son positionnement. Tout ceci lui permettant de s’appuyer sur une croissance presque structurelle. Un aspect qui enlève une grande partie des risques associés à son activité, sur le plan des perspectives de revenus ou de génération de liquidités. Presque comme une concession, a souligné Christian Labeyrie, le directeur général adjoint et financier du groupe Vinci. Mais avec beaucoup moins de capex et de régulation, a-t-il observé. D’autant que les acquisitions réalisées à juste prix entraînent aussi un accroissement de la valeur, qui serait à prendre en compte. Alors que les notes d’analystes sell-side de novembre 2024 font ressortir une valorisation de Vinci Énergies de moins de 16 milliards d’euros, le groupe estime ainsi que son juste niveau se situerait davantage à plus de 20 milliards d’euros.

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