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Worldline s’offre un répit financier / Une émission obligataire salutaire de 500 millions d’euros

Alors que son activité subit de fortes turbulences et que sa notation est menacée, Worldline a choisi la proactivité. Son directeur général par interim, Marc-Henri Desportes, a décidé de refinancer rapidement l’entreprise sur une maturité éloignée, lui redonnant ainsi une certaine marge de manœuvre.
Siège de Worldline à La Défense - Photo by Philippe TURPIN / Photononstop / Photononstop via AFP
Siège de Worldline à La Défense - Photo by Philippe TURPIN / Photononstop / Photononstop via AFP

Mission accomplie. Menacé d’une dégradation en catégorie spéculative après que Standard & Poor’s a assorti sa note "BBB-" d’une perspective négative en septembre, Worldline vient de se donner un peu d’air.

Bien aidé en cela par BNP Paribas et Morgan Stanley qui ont travaillé en tant que "Global Coordinators and Joint Bookrunners", le spécialiste des services de paiement numériques vient de placer avec succès une émission obligataire de 500 millions d’euros venant à échéance en novembre 2029 et assortie d’un coupon de 5,25 %. Une affaire rondement menée en dépit d’un contexte compliqué, alors que, comme le faisait remarquer Octo Finances avant l’opération, "le niveau de rendement offert par la nouvelle obligation (avec un z-spread, soit l’écart entre les taux risqués et les taux sans risque mesurés sur les prix d’obligations de 300 points de base) ne reflète pas les risques intrinsèques du groupe".

Le fait est que les affaires de l’entreprise vont de mal en pis depuis le sévère avertissement lancé il y a un an face aux répercussions sur son activité de la détérioration de l’environnement économique, en particulier en Allemagne. Le premier d’une série d’une série de "profit warnings" qui s’est poursuivie en septembre de cette année. Jusqu’à entraîner le départ de Gilles Grapinet, qui était aux commandes de la société depuis plus de dix ans.

Sans attendre la nomination de son successeur, dont le processus de recrutement suit son cours, Marc-Henri Desportes, le numéro deux de Worldline, qui assure l’interim, ne reste pas inactif. Au contraire donc, "le management a été proactif dans son refinancement permettant de gagner du temps pour appliquer de potentielles nouvelles mesures et/ou céder des activités annexes", souligne Octo Finances.

Tout en continuant d’exécuter son plan de transformation "Power 24" lancé en février dernier, visant à optimiser son modèle opérationnel et à le rendre plus agile, le groupe a en effet mandaté une banque d’affaires pour vendre ses activités "Mobilité & Services Web Transactionnels" (MTS),

Ainsi, les 500 millions d’euros de la dernière émission obligataire devraient rendre les négociations un peu plus confortables. Le produit net de cette émission sera utilisé par Worldline pour ses besoins généraux, pouvant inclure, en tout ou partie, le refinancement de son endettement existant, dont les OCEANEs (obligations convertibles en actions nouvelles ou existante) en circulation, soit 600 millions d’euros à 0 %, échéance 30 juillet 2025 et/ou 800 millions d’euros à 0 % également, échéance 30 juillet 2026. Des obligations à coupon zéro qui avaient été émises au plus fort de l’ère de l’argent facile.

En prenant pour hypothèse que le groupe va rembourser 300 millions d’euros de l’OCEANE 2025 et 200 millions d’euros de l’OCEANE 2026, Octo Finances estime "que la génération de liquidité, la potentielle vente de MTS et le programme de Titres Négociables à Court Terme (en anglais Negotiable European Commercial Papier ou NEU CP) suffiront à couvrir les besoins généraux du groupe".

Le bémol, inévitable, est pointé par les analystes de Jefferies. Ce refinancement prochain d’obligations bon marché, avec des coupons zéro arrivant à échéance avec des coupons significativement plus élevés va "constituer un vent contraire supplémentaire à la croissance des bénéfices dans les années à venir".

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