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Politique européenne / Medef / Union européenne / Donald Trump / Compétitivité

Politique européenne
Medef / Union européenne / Donald Trump / Compétitivité

Les patronats français, allemand et italien en ordre de marche pour donner à l’industrie européenne tout le soutien qu’elle mérite / Plus de temps à perdre avant l’investiture de Donald Trump

L’élection de Donald Trump à la présidence des Etats-Unis et son programme protectionniste étaient à l’agenda du Medef, de la BDI allemande et de la Confindustria italienne qui se réunissaient en fin de semaine dernière pour parler des priorités économiques des nouvelles instances européennes. L’occasion pour les différentes organisations patronales d’appeler à prendre des mesures fortes, en matière de simplification administrative, de compétitivité et d’investissements, en soutien aux efforts menés par les entreprises afin d’assurer un sursaut européen qui se fait de plus en plus pressant.
Emmanuel Orsini, président de Confindustria, Michel Barnier, Premier ministre, Patrick Martin, président du Medef et Tanja Gönner, directrice générale de la BDI (Photo by STEPHANE DE SAKUTIN / AFP)
Emmanuel Orsini, président de Confindustria, Michel Barnier, Premier ministre, Patrick Martin, président du Medef et Tanja Gönner, directrice générale de la BDI (Photo by STEPHANE DE SAKUTIN / AFP)

Si dans le cadre des élections européennes, de juin dernier, le Medef avait déjà (fortement) milité pour une "Europe qui entreprend", le patronat français est désormais rejoint, dans ce combat, par la Fédération des industries allemandes (le Bundesverband der Deutschen Industrie, BDI) et son homologue italienne, la Confindustria. A l’occasion du Trilateral Business Forum, qui se tenait en fin de semaine dernière, les trois entités ont en effet appelé à une action rapide de la part des nouvelles instances européennes afin de renforcer la base industrielle, de stimuler l’innovation et de garantir l’autonomie stratégique du Vieux continent.

Certes, les rapports Draghi et Letta avaient déjà sonné l’alarme du risque de retard économique du Vieux continent, mais l’élection de Donald Trump à la présidence des Etats-Unis vient changer la donne. Alors que son investiture est prévue le 20 janvier prochain, les organisations patronales française, allemande et italienne, estiment que "les deux prochains mois sont essentiels pour que l’Europe commence à changer de cap en matière d’innovation, d’investissement et de sécurité ". "Il faut agir de toute urgence, sinon les opportunités s’évanouiront et il sera trop tard", préviennent-ils dans une déclaration commune.

Il faut dire que l’économie européenne a perdu du terrain face à celle américaine. Depuis 2010, celle-ci a progressé de 37,5 % contre 20,9 % pour l’Europe. Le Produit intérieur brut (PIB) par habitant des Etats-Unis est passé de 48 374 à 85 373 dollars sur la période, tandis que celui de l’Union européenne a progressé plus lentement, passant de 32 966 à 42 443 dollars. Surtout, "les Etats-Unis sont devenus moins dépendants des pays étrangers, alors que l’Union européenne est confrontée à une concurrence acharnée, souvent déloyale, […], la guerre en Ukraine ayant porté un coup sévère à l’économie de notre continent ", constatent-elles. De fait, les coûts de l’énergie en Europe sont actuellement deux fois plus élevés qu’outre-Atlantique. "Alors que les Etats-Unis sont exportateurs nets d’énergie, l’Union européenne importe encore 60 % de ses besoins énergétiques. Ces écarts sont l’une des principales causes de la divergence de compétitivité entre l’UE et les Etats-Unis et rendent également l’Europe vulnérable aux ruptures d’approvisionnement extérieur et à la volatilité des prix", poursuivent-elles. Un retard qui ne pourrait être qu’accentué si les ambitions du président des Etats-Unis élu en matière de droits de douane (de l’ordre de 10 à 20 % sur les importations étrangères) venaient à se concrétiser.

C’est donc face à ce constat que le Medef, la BDI et Confindustria ont appelé les nouvelles instances européennes à adopter une approche technologiquement neutre en matière de transition énergétique : "Il est temps que l’Union européenne soutienne toutes les technologies à faible intensité de carbone, y compris l’énergie nucléaire, les énergies renouvelables, les gaz à faible intensité carbone et l’hydrogène". Un soutien énergétique qui passerait aussi, entre autres, par une révision du mécanisme d’ajustement carbone aux frontières (MACF) afin d’éviter des coûts de production et des charges supplémentaires pour les industries dépendant de matières premières importées. "Si le MACF s’avère inefficace, la trajectoire de suppression progressive des quotas gratuits devra être reportée", estiment-ils.

Dans le même temps, il est demandé que les investissements en R & D soient portés à 3 % du PIB d’ici janvier 2026 (contre 2,2 % actuellement et environ 3,6 % pour les Etats-Unis) et que l’Union des marchés de capitaux voit le jour d’ici un an.

Autre priorité définie : une simplification sans délai du cadre réglementaire européen, demande de longue date du Medef, notamment en mesurant l’impact sur les entreprises avant de légiférer et en établissant des objectifs clairs de réduction des coûts de conformité, avec des initiatives de simplification concrètes incluses dans les programmes de travail annuels de la Commission européenne (y compris la suppression de la législation obsolète ou redondante). Dans leur viseur se trouvent deux directives : la CS3D, sur le devoir de vigilance en matière de durabilité des entreprises, qui nécessite, selon eux, une évaluation de la compétitivité avant son entrée en vigueur, et la CSRD sur le rapport de durabilité et ses fameuses normes ESRS, qui doivent être simplifiées.

 

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