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Un partenariat avec Generali offrirait de nouvelles opportunités à Natixis IM / 2 000 milliards d'euros d'encours potentiels
Les grandes manœuvres se précisent dans la gestion d’actifs européenne, dont le rachat d’Axa Investment Managers par BNP Paribas intervenu cet été pour plus de 5 milliards d’euros a semble-t-il donné le coup d’envoi. Car les discussions et les réflexions vont visiblement bon train entre banques et assureurs. Alors que Reuters rapportait fin octobre qu’Allianz réfléchissait à l’avenir de sa filiale Allianz Global Investors (Allianz GI), BPCE mène également une réflexion au sujet de sa filiale Natixis Investment Managers (Natixis IM) et ses 1 200 milliards d’euros d’actifs sous gestion, a révélé lundi le Financial Times.
Natixis IM et Generali ont engagés des pourparlers préliminaires en vue d'un éventuel rapprochement, selon plusieurs personnes proches du dossier citées par le journal. Aucun des deux protagonistes ne souhaitant vendre, les discussions viseraient à déboucher sur la création d'une coentreprise de gestion d'actifs détenue conjointement par Natixis et Generali.
Si ces échanges n’ont pas été confirmés officiellement, le fait est qu’une telle opération, si elle venait à voir le jour, s’inscrirait tout à fait dans la stratégie de chaque établissement. BPCE, qui présentait en juin dernier, sa nouvelle feuille de route "Vision 2030", avait réaffirmé à cette occasion son ouverture à des partenariats pour amplifier son modèle de croissance, y compris dans la gestion d'actifs.
Un partenaire potentiel de poids
On se souvient, au reste, que Natixis avait déjà envisagé un rapprochement de ses activités de gestion d'actifs il y plusieurs années de cela… avec Axa. L'idée, qui était alors de fusionner Axa Investment Managers (Axa IM) et Natixis Asset Management (devenu plus tard Natixis Investment Managers) pour créer un acteur majeur de la gestion d'actifs en Europe, avait capoté après qu’Axa eut fait machine arrière, pour finalement convoler avec BNP Paribas.
Il y a d’ailleurs une forte similitude entre l’opération BNP Paribas - Axa IM annoncée début août et celle envisagée entre Natixis IM et Generali, qui, tout comme AXA IM, gère à la fois les actifs de l'assureur et de tiers. Sachant que Generali, qui disposait de 821 milliards d'euros d'actifs sous gestion au 30 juin, a justement fait de la croissance de sa branche de gestion d'actifs une priorité.
Natixis IM pourrait donc trouver avec l’assureur italien un partenaire de poids pour valoriser ses affiliés spécialisés. Le modèle de la filiale de BPCE a ceci de particulier en effet qu’il est multi-boutiques, composé d’affiliés indépendants (comme Loomis Sayles, Harris Associates, Ostrum AM, ou DNCA Finance) spécialisés dans des classes d’actifs ou des stratégies spécifiques. Ces affiliés couvrent ainsi des segments tels que l’obligataire, l’ESG, les actions à forte conviction, ou les investissements alternatifs. Cependant, leur potentiel de croissance peut être limité sans un réseau mondial puissant pour distribuer leurs produits. Or, en tant qu’assureur présent dans de nombreux pays, Generali dispose d’un vaste réseau de distribution, particulièrement en Europe, qui permettrait donc aux affiliés de Natixis IM d’atteindre une base de clients élargie, tant institutionnelle que retail, dans des marchés où ils ne sont pas encore pleinement implantés.
L'atout du compromis danois
Et comme l’un des grands atouts du modèle de Natixis IM est de permettre à ses affiliés de fonctionner avec une grande autonomie, tout en bénéficiant de la force du groupe (en termes de distribution, de conformité, et de gestion des coûts), un partenariat avec Generali pourrait maintenir cette indépendance tout en élargissant les opportunités offertes. Plus généralement, dans un secteur où les économies d’échelle jouent un rôle clé, un tel partenariat renforcerait la capacité des deux acteurs à rivaliser avec des géants comme BlackRock, Vanguard ou Amundi, tout en leur permettant de partager les coûts croissants liés aux infrastructures technologiques et aux réglementations.
Par ailleurs, observent les analystes d’Octo Finances, "BPCE ayant déjà le statut de conglomérat financier, elle pourrait aussi utiliser le dispositif du compromis danois, afin de rendre l'opération moins coûteuse en termes des solvabilité". D’autant plus que ce dispositif, qui permet aux groupes bancaires ayant des filiales d'assurance d'utiliser un traitement prudentiel avantageux, a été renforcé dans le cadre des réformes récentes des règles européennes sur les capitaux propres des banques, notamment avec la révision de la CRR3 (Règlement sur les exigences de capital des banques) et de la CRD6 (Directive sur les exigences de capital).
En particulier, la pondération des participations dans les entreprises d'assurance a été réduite de 370% à 250%, ce qui signifie que les banques doivent désormais détenir moins de capital pour couvrir leurs participations dans des filiales d'assurance, rendant ainsi l'opération moins coûteuse en termes de solvabilité.
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