WAN
menu
 
!
L'info stratégique
en temps réel
menu
recherche
recherche
Abonnez-vous
Abonnez-vous à notre newsletter quotidienne

Macro-économie / Taux / pays en développement / Banque Mondiale

Macro-économie / Taux
pays en développement / Banque Mondiale

Le service de la dette explose dans les pays en développement / Hausse du dollar et des taux d’intérêt en cause

En 2023, les pays en développement ont dépensé un montant inédit de 1 400 milliards de dollars, au titre du service de leur dette extérieure (principal et charges d’intérêts). Hors Chine, le service de la dette aura doublé en l'espace de dix ans.
Ajay Banga, président du groupe de la Banque Mondiale - Brendan SMIALOWSKI / AFP
Ajay Banga, président du groupe de la Banque Mondiale - Brendan SMIALOWSKI / AFP

L’année passée aura été tristement record pour les pays en développement. D’après un rapport de la Banque mondiale, le service de leur dette extérieure (principal et charges d’intérêts) a atteint un niveau jamais vu, s’établissant à 1400 milliards de dollars. En excluant la Chine, le service de la dette des pays en développement s’est affiché à 971,1 milliards de dollars, une valeur en augmentation de plus de 20% sur 1 an et qui a doublé en l’espace d’une décennie. 

"Pour de nombreux pays en développement, cela s'est traduit par un détournement dévastateur des ressources au détriment de domaines essentiels à la croissance et au développement à long terme, tels que la santé et l'éducation ", a déploré Indermit Gill, économiste en chef et vice-président senior du Groupe de la Banque mondiale. 

Que s’est-il passé ? En 2023, ces pays ont dû faire face à des charges de service de la dette historiquement difficiles en raison de niveaux d'endettement élevés, de taux d'intérêt qui ont atteint leur plus haut niveau depuis deux décennies dans le cadre de l’envolée de l’inflation et de la dépréciation des monnaies locales par rapport à un dollar s’appréciant, soutiennent les économistes de la Banque mondiale.

"Les taux d’intérêt sur les prêts des créanciers publics ont doublé et excèdent 4 %, tandis que les taux appliqués par les créanciers privés ont augmenté de plus d’un point pour atteindre 6 %, leur niveau le plus élevé en 15 ans. Enfin, si les taux d’intérêt mondiaux ont commencé à baisser, ils devraient rester supérieurs à la moyenne qui prévalait au cours de la décennie précédant la pandémie", détaille le rapport.

C'est dans les pays les plus pauvres et les plus vulnérables, ceux qui sont éligibles aux prêts de l’Association internationale de développement (IDA) du groupe de la Banque mondiale, que la pression fut la plus intense.  

L'an passé, ces pays ont versé un montant record de 96,2 milliards de dollars pour rembourser leur dette extérieure. Si les remboursements au titre du principal ont reculé d'environ 10% pour atteindre 61,6 milliards de dollars, les charges d’intérêts ont grimpé à un niveau sans précédent de 34,6 milliards de dollars, soit quatre fois plus qu’il y a dix ans.

En moyenne, ces charges pèsent près de 6 % de leurs recettes d’exportation, une proportion qui n’a pas été observée depuis 1999 et qui va même jusqu’à 38 % pour certains d’entre eux.

Fin 2023, la dette extérieure totale de l’ensemble des pays à revenu faible et intermédiaire atteignait le chiffre record de 8 800 milliards de dollars, soit une augmentation de 8 % par rapport à 2020. La progression en pourcentage a été deux fois plus importante pour les pays éligibles à l’IDA, dont la dette extérieure totale a grimpé à 1 100 milliards de dollars, c’est-à-dire une hausse de près de 18 %.

Vous souhaitez réagir à cet article ou apporter une précision ?
Commentez cet article