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Continuité à la tête d’Unibail-Rodamco-Westfield / Jean-Marie Tritant et Fabrice Mouchel reconduits, mais une stratégie américaine à clarifier

Quatre ans après l’arrivée de Jean-Marie Tritant à la tête d’Unibail-Rodamco-Westfield sous l’impulsion de Xavier Niel et Léon Bressler, l’équipe dirigeante voit son mandat renouvelé pour poursuivre les transformations engagées. Alors que le désendettement a progressé grâce à des cessions d’actifs majeures, la stratégie vis-à-vis des États-Unis, point névralgique de la feuille de route, mériterait d’être clarifiée.
Jean-Marie Tritant a été reconduit à la présidence du directoire d'Unibail-Rodamco-Westfield - Photo by STEPHANE DE SAKUTIN / AFP
Jean-Marie Tritant a été reconduit à la présidence du directoire d'Unibail-Rodamco-Westfield - Photo by STEPHANE DE SAKUTIN / AFP

Quatre ans après la prise de pouvoir de Xavier Niel et Léon Bressler chez Unibail-Rodamco-Westfield (URW), la dynamique alors enclenchée va se poursuivre. Les deux hommes d’affaires ne figurent plus au conseil de surveillance. Xavier Niel a quitté son siège en octobre, tandis que celui qui fut, de 1992 à 2006, l’emblématique patron d’Unibail bien avant les fusions avec Rodamco, puis Westfield, est décédé août dernier. Mais l’équipe dirigeante placée il y a quatre ans à la tête de l’entreprise va poursuivre son travail dans le cadre d’un nouveau mandat.

Lors d’une réunion tenue le 4 décembre 2024, le conseil de surveillance d’Unibail-Rodamco-Westfield a reconduit Jean-Marie Tritant en tant que président du directoire et directeur général, et Fabrice Mouchel en tant que membre du directoire et directeur financier. Pour mémoire, Jean-Marie Tritant avait pris les commandes du groupe le 1er janvier 2021, en succédant à Christophe Cuvillier, tandis que Fabrice Mouchel avait pris ses fonctions quelques jours plus tard.

 

Solidité et nouveaux revenus

 

La décision de renouveler leur mandat a été prise au vu de "la solidité et la qualité activités principales d’URW", mais également des "progrès significatifs réalisés pour développer de nouveaux revenus" ainsi que des "actions menées dans le cadre du désendettement du groupe".

Depuis leur arrivée à la tête de l’entreprise, qui était alors très endettée et fragilisée par la crise sanitaire qui a mis à mal l’activité de ses centres commerciaux, les choses se sont grandement améliorées en effet. Comme peuvent l’illustrent les derniers chiffres publiés par URW pour les neuf premiers mois de 2024, avec un chiffre d’affaires en hausse de 2 % à 2,84 milliards d’euros, traduisant une activité opérationnelle redevenue durablement solide.

Les nouveaux revenus concernent en particulier l’agence de retail media Westfield Rise lancée en 2022 par le groupe afin de commercialiser directement sa solution de qualification de l’audience par l’intelligence artificielle. Un démarrage réussi, l’entreprise tablant sur une marge nette de 75 millions pour cette activité cette année. Tandis que sur le front du désendettement, les cessions réalisées au fil de l’eau depuis 2021 ont contribué à hauteur de plus de 5,5 milliards d’euros à la réduction de la dette nette.

 

Vincent Rouget nommé COO Europe

 

Le groupe a également annoncé mardi sa décision de scinder les responsabilités de Chief Operating Officer (COO) et de CEO, en répartissant les premières entre les régions Europe et États-Unis. Vincent Rouget a été nommé COO Europe, un rôle qu’il cumulera avec ses fonctions actuelles de membre du comité de direction et de Chief Strategy & Investment Officer. Il "supervisera les COO régionaux responsables de la gestion locale de la stratégie des actifs commerciaux et de la croissance des loyers nets", précise l’entreprise. Jean-Marie Tritant, quant à lui, continuera à superviser directement les activités du groupe aux États-Unis.

La zone géographique des Etats-Unis est devenue clé lors du rachat de Westfield en 2017. Une opération qui visait à créer un leader mondial des centres commerciaux haut de gamme, mais réalisée en haut de cycle et qui avait suscité d’importantes critiques de la part de Xavier Niel et Léon Bressler lors de leur putsch en 2020. Ces derniers avaient dénoncé une acquisition coûteuse ayant significativement alourdi le bilan du groupe et accru son exposition aux risques économiques. La pandémie de Covid-19, survenue peu après, avait précipité la crise des centres commerciaux physiques, fragilisant davantage l’entreprise.

Dans ce contexte, le plan "Refocus", porté par Niel et Bressler, visait à désendetter le groupe en cédant autant que possible les actifs américains, jugés moins stratégiques, pour recentrer Unibail sur l’Europe, où il conserve une position de leader incontesté. Un travail partiellement réalisé depuis. Le groupe a réalisé plusieurs cessions significatives outre Atlantique, comme la vente du centre commercial Westfield Annapolis dans le Maryland réalisée pour 160 millions de dollars en 2024, dans une dynamique de désengagement progressif.

 

Vers un prochain Capital Markets Day ?

 

Pour autant, le groupe n’a pas explicitement affirmé dans ses communications récentes s’il poursuivait désormais une stratégie de simple rationalisation de son portefeuille américain ou si l’intention était toujours de quitter totalement ce marché. La reconduction de l’équipe dirigeante pourrait permettre de clarifier ce point.

Au-delà des annonces sur les nouveaux mandats Jean-Marie Tritan, "nous comprenons qu’URW pourrait organiser un Capital Market Day au cours du premier semestre 2025 pour présenter sa nouvelle feuille de route stratégique pour les années à venir", estime d’ailleurs Oddo BHF. Le cabinet d’analystes imagine justement que le groupe "pourrait notamment redéfinir sa stratégie vis-à-vis du devenir de son exposition aux Etats-Unis en lien avec ses objectifs de désendettement du groupe et dans l’intérêt de ses actionnaires".

En attendant, le groupe vient de réaliser en Europe "une très belle opération opportuniste", note également le bureau de recherche. URW a annoncé mardi l’acquisition d’une participation supplémentaire de 38,9 % auprès de son partenaire "Canada Pension Plan Investment Board" dans leur société commune URW Germany GmbH. Une transaction hors marché réalisée dans le cadre du pacte d’actionnaires existant, pour laquelle Oddo BHF valorise les parts acquises pour l’équivalent de 250 millions d’euros à environ 350 millions d’euros.

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