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Macro-économie / Taux / Fonction publique / France

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Fonction publique / France

Le serpent de mer de l’attractivité de la Fonction publique / Difficile d’y remédier à court terme

Ni plus ni moins qu’une dizaine d’auteurs pour s’attaquer au problème d’attractivité dans la fonction publique. Le phénomène perdure en effet et ce panel d’experts appartenant à France Stratégie propose des leviers pour tâcher d’y remédier. Pas de mystère à leurs yeux, il faut jouer sur tous les tableaux : carrière, image, rémunération et conditions de travail.
Lycée Claude Bernard. Photo by Magali Cohen / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP
Lycée Claude Bernard. Photo by Magali Cohen / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP

De 12 candidats pour un poste dans la fonction publique d’État au début du siècle, à quatre aujourd’hui. Une dégringolade qui donne une idée de l’ampleur de la tâche et qui justifie qu’autant de spécialistes se penchent sur la question. L’ampleur de la tâche n’en reste pas moins immense à résoudre et ce notamment en raison de la nécessité de procéder à des départs à la retraite réguliers.

Les auteurs du rapport ne cantonnent d’ailleurs pas le problème à l’embauche, ils partagent également le constat d’une "fragilisation de la plupart des éléments qui, matériellement ou symboliquement, attirent vers la fonction publique puis maintiennent l’intérêt pour l’un de ses métiers ". Le secteur privé n’étant pas pour arranger la donne étant donné qu’il est également confronté à un marché de l’emploi sous tension, il se trouve dès lors en concurrence avec son cousin public.

 

Cultiver

 

Pourtant, les auteurs de la note restent persuadés qu’il existe bel et bien des atouts propres à la fonction publique. Qu’il s’agit d’une part de développer et de l’autre de faire connaître. Un second volet sur lequel ils insistent sur le fait qu’il faille "déconstruire les perceptions erronées, et améliorer la transparence sur ses conditions d’exercice et la visibilité de ses carrières". Un point d’attention est fait sur le travail dit "sous pression", un certain nombre de métiers de la fonction publique s’y trouvent de plus en plus confrontés et ce notamment avec un "niveau déclaré par les personnels de l’Éducation nationale [qui] est alarmant : 58 % en moyenne déclarent des tensions, dont 65 % des professeurs des écoles et 88 % des directeurs d’établissement ".

Ils ne restent pas moins persuadés que des efforts peuvent être faits pour améliorer les différents avantages de la fonction publique. Il est notamment proposé de travailler à la valorisation de la "maîtrise du temps de travail et de son organisation pour répondre à la demande de conciliation des temps professionnels et personnels". Une demande croissante chez les actifs ces dernières années, autre thématique dans l’air du temps celle de l’utilité sociale de son emploi. On compte convaincre en valorisant une partie bien précise de la fonction publique, à savoir "celle de son sens propre, celui du service de l’intérêt général dans une société en mutation".

 

La main à la poche

 

Un idéal noble qui ne leur fait pas oublier pour autant que l’argent reste bien souvent le nerf de la guerre lors de l’arbitrage entre différentes offres d’emploi. Un point clé qui est abordé sous l’angle de la reconnaissance devant être renforcée, y compris sur ce volet salarial. Le suivi d’une cohorte de jeunes à partir de 2002 et ce sur près de vingt ans, a appris aux auteurs que la progression salariale avait été "moindre dans le public que dans le privé". Les chiffres dévoilés font en effet état que le "salaire médian des jeunes travaillant dans le secteur public a progressé en termes réels de 52 %, celui des jeunes du privé de 65 %". Parmi les atouts à faire valoir, on avance que les moins diplômés se verraient mieux valorisé dans la fonction publique qu’ailleurs.

La garantie de l’emploi n’étant considérée que tel "un argument devenu très relatif" et ce en raison d’une pénurie de personnel qui fait craindre à une partie du vivier potentiel de recrue de se trouver coincé dans des zones ou des fonctions jugées peu valorisantes. Le levier salarial conserve dès lors toute sa pertinence, à condition de faire mieux que les précédentes tentatives, ces dernières étant considérées comme n’ayant " pas permis de contrer complètement l’érosion de l’attractivité salariale de la fonction publique, notamment en comparaison avec le secteur privé".

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