AG : 44 dirigeants du SBF 120 remettent leur mandat en jeu
Cette année, le vote ex post des actionnaires sur les rémunérations, versées ou attribuées au titre de 2017, aux dirigeants des grandes entreprises rentre en vigueur dans le cadre de la loi Sapin 2. Les résultats seront scrutés et de premiers enseignements pourront être tirés. Les votes ex ante, qui portent eux sur les politiques de rémunération, étant déjà en vigueur depuis l’an passé. Mais ce n’est pas le seul sujet qui va occuper les assemblées générales de 2018. En effet, selon l’Hebdo des AG qui a publié une étude sur le sujet et tenait ce matin son rendez-vous annuel avec les proxy : 44 dirigeants du SBF 120 remettent leur mandat en jeu. Un chiffre deux fois supérieur à la moyenne.
"Une remise à plat (…) va s’opérer ce printemps au sein des conseils d’administration du SBF 120 : 22 PDG, 15 présidents et 7 directeurs généraux voient leur mandat arriver à échéance en 2018. Plus d’un tiers des entreprises sont concernées, une proportion inédite, donnant à la préparation des assemblées générales une allure de campagne électorale", écrit Bénédicte Hautefort, éditrice de l’Hebdo des AG. L’auteure précise qu’il n’y a souvent qu’un candidat par poste, et que ce n’est donc pas le renouvellement sur lequel l’attention va se porter, mais sur le score d’approbation. "Les dirigeants-candidats font campagne pour dépasser les 90%."
Afin d’être reconduits avec un maximum de voix, les dirigeants ne mettent pas tant en avant leurs résultats ou le parcours boursier de leur titre mais plutôt les sujets extra-financiers. "Les candidats parlent d’empreinte environnementale, de bilan carbone, de parité homme/femme, du climat social et, en amont de la loi PACTE attendue au printemps, du rôle sociétal de leur entreprise", poursuit Bénédicte Hautefort. Cette dernière précise que le paradoxe de cette approche, c’est qu’en mettant l’accent sur la dimension RSE, les dirigeants s’adressent surtout à leurs partenaires financiers, que sont les actionnaires. Car les porteurs de parts demandent régulièrement en assemblée générale des comptes sur ce sujet.
L’Hebdo des AG rappelle les enjeux des renouvellements : le cumul des postes de président et directeur général fait régulièrement l’objet de débats, la limite d’âge, qui implique parfois de modifier les statuts pour prolonger l’homme fort, pourrait aussi se révéler un point sensible. La question du cumul des mandats s’ajoute à la liste, pour ceux qui ont des casquettes en dehors de l’entreprise.
Qui sont les dirigeants concernés ? Du côté du CAC 40, Benoît Potier d’Air Liquide se prêtera à l’exercice. L’homme aux 60 printemps, comptabilise également deux mandats externes. Autre cas de figure : Martin Bouygues du groupe éponyme, qui a eu 65 ans l’an passé, doit être confirmé. On retrouve également Jean-Paul Agon de L’Oréal, Stéphane Richard d’Orange, Patrick Pouyanné de Total ou encore Antoine Frérot de Veolia. Côté SBF, l’AG de Thales se prononcera sur le mandat de Patrice Caine, tandis que celle de Plastic Omnium votera sur le renouvellement de Laurent Burelle.
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