Feuilleton de l'été / Gwenaelle Huet / Engie / Portrait
Feuilleton de l'été
Gwenaelle Huet / Engie / Portrait
Gwenaelle Huet (Engie) : l’énergie engagée
Gwenaelle Huet a su lire les notes de musique avant même l’alphabet. Si ses jumeaux de 2,5 ans veulent dîner de la musique le soir, cette violoniste, toujours au conservatoire, a également une autre source d’énergie. La dirigeante de la business unit France Renouvelables d’Engie s’applique en effet chaque jour à apporter sa pierre à la transition énergétique et à la lutte contre le réchauffement climatique.
Cet engagement a en partie été nourri par sa rencontre avec Jean-Pierre Jouyet. Gwenaelle Huet a en effet commencé sa carrière au sein du secrétariat général des affaires européennes, service du Premier ministre principalement chargé de la coordination interministérielle pour les questions européennes ainsi que pour les activités de l’OCDE, où elle était en charge des sujets énergie et industrie/compétitivité. C’est là que le secrétaire d’Etat aux Affaires européennes la repère. A l’époque on est en 2008. La France est à la tête de la présidence tournante de l’Union européenne. L’opportunité est énorme et Gwenaelle Huet travaille alors à faire avancer les dossiers et fédérer les différents pays, sur des dossiers tel que l'objectif "trois fois vingt" ( 20% de réduction des émissions de gaz à effet de serre, 20% d'économie d'énergie et 20% d'énergie renouvelable) ou la libéralisation du marché de l’énergie.
Elle rejoint ensuite le cabinet de Jean-Louis Borloo, en qualité de conseillère technique en charge des questions climatiques. "Il fallait fédérer des cultures différentes sur des problématiques mondiales alors que chaque pays avait son propre niveau de sensibilité", explique Gwenaelle Huet, qui a notamment travaillé sur la préparation de la COP de Copenhague.
L’intéressée émet ensuite le souhait de rejoindre un grand groupe. Et c’est Engie qui, en 2010, la convainc grâce à son engagement dans la lutte contre le changement climatique. Gwenaelle Huet y commence en tant que directrice des affaires européennes. Parmi les dossiers qui l’ont marquée, elle se souvient de l’initiative "Magritte", qui a rassemblé 11 PDG des principales entreprises du secteur. "On a réuni de grands groupes, parfois concurrents, pour porter un message très fort au niveau politique", se souvient-elle. En 2015, et alors qu’Isabelle Kocher s'apprête à prendre la direction générale d’Engie, Gwenaelle Huet part à ses côtés pour l’accompagner dans une tournée des entités et des parties prenantes, afin de prendre le pouls de l’impact de la transition énergétique sur les activités du groupe et de ses clients.
Isabelle Kocher décidera ensuite de céder 15 milliards d’euros de participations dans des activités peu convaincantes en la matière, pour investir tout autant dans les énergies renouvelables. Et c’est Gwenaelle Huet qui prendra en 2015 la tête de la BU France Renouvelables. "Avant nous avions des participations dans différentes sociétés du secteur. Nous avons depuis acquis des sociétés, rationalisé les dispositifs, afin de devenir leader. Aujourd’hui, nous le sommes en France sur l’éolien et le solaire", rapporte la dirigeante. Ce travail est également porté par le développement du numérique, qui permet de gagner en efficacité et d’étendre des bonnes pratiques aux autres pays où Engie est implanté. Car la transmission et la fédération font partie des mots employés par la jeune femme de 38 ans. Si étudiante - à Polytechnique, aux Ponts et Chaussées et à Normale Sup - elle a apprécié la technique, Gwenaelle Huet aime travailler sur du concret et emporter ses équipes avec elle. Et ce sont pas moins de 2.500 collaborateurs qui dépendent d’elle !
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