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2018 chiffre d'affaires analyse

Publications, Résultats / Engie / Isabelle Kocher

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Engie / Isabelle Kocher

Engie ou quand l’or devient du plomb

En l’espace de trois ans Isabelle Kocher, la directrice générale d’Engie, a transformé un puissant groupe énergétique en une holding qui a vocation à devenir le leader de la transition zéro carbone. Cela se traduit pour 2018 par une nouvelle perte de valeur et une forte baisse du résultat.
Isabelle Kocher - Engie
Isabelle Kocher - Engie

Le remarquable Gustave Thibon, que beaucoup feraient bien de relire en ces temps troublés affirmait que "vouloir être dans le vent est une ambition de feuille morte". En annonçant ce matin à cor et à cri, urbi et orbi, que l’ambition d’Engie était de devenir le leader mondial de la transition zéro carbone, préoccupation très à la mode, et problématique numéro un de nos dirigeants politiques, Isabelle Kocher a montré, une fois encore, qu’elle attachait bien plus de prix à l’image que pouvait renvoyer Engie qu’à sa capacité à créer de la valeur.

Pourtant cela fait maintenant presque trois ans qu’elle a les commandes de cette grande et belle maison dont les racines plongent dans le Canal de Suez de Ferdinand de Lesseps et dans le bel hôtel particulier de la rue d’Astorg et qu’elle n’a rien fait d’autre que de transformer l’or laissé par ses prédécesseurs en plomb. Les marchés n’en sont pas dupes. Depuis le 3 mai 2016, la capitalisation boursière d’Engie a diminué de 3 milliards d’euros alors que dans le même temps l’indice CAC 40 a progressé de 19,2 %. Un actionnaire d’Engie aurait mieux fait de placer, il y a trois ans, le produit de la vente de ses titres en SICAV indicielles que de croire aux belles promesses de la nouvelle diva du CAC 40.

Tout cela est assez simple. Comme elle le rappelle ce matin, durant ces trois années Isabelle Kocher a voulu transformer le groupe en cédant les activités les plus carbonées – mais aussi les plus rentables – pour acquérir ou investir dans des activités sans carbone. Bel Idéal. Mais la réalité ce sont 16,5 milliards d’euros d’actifs cédés qui apportaient un cash-flow régulier et important et 14,3 milliards d’euros investis dans des activités bien moins bénéficiaires comme l’éolien ou le solaire. Faut-il s’étonner dans ces conditions que le résultat net part du groupe ait reculé de 21,7 % l’an passé, et que même le résultat opérationnel courant s’inscrive en baisse en dépit de 1,3 milliard d’euros de gains nets au niveau de l’Ebitda depuis 2015 en termes d’efficacité opérationnelle.

À Londres où elle présente aujourd’hui sa stratégie, Isabelle Kocher annonce donc que sur la période 2019-2021, Engie vise un taux de croissance annuel net moyen du résultat net récurrent part du groupe compris entre + 7 et + 9 %. Ce qui devrait donner en 2019 un solde compris entre 2,5 et 2,7 milliards d’euros avec une fourchette indicative de résultat opérationnel comprise entre 9,9 et 10,3 milliards d’euros. Soit son discours n’est plus crédible. Soit, il ne fait plus rêver les actionnaires. En tout cas, l’action Engie a reculé de 4,5 % en deux séances. Seul le dividende, qui procure un rendement de 5,6 % empêche l’action de tomber plus bas.

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