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Isabelle Kocher engie résultats écologie

Publications, Résultats / Engie / écologie / Environnement / Isabelle Kocher

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Engie est jugée à une temporalité absurde

Pour juger du cas d'Engie, l'arbitre doit se positionner à une temporalité cohérente avec les exigences longues d'une transformation énergétique. Qui plus est pour un Groupe de cette taille. C'est pourquoi les marchés feraient bien d'en finir avec l'excès d'indignité.
Isabelle Khocher - Engie
Isabelle Khocher - Engie

Dans la tragédie écrite par Jean Racine et représentée pour la première fois à Paris en 1669 Britannicus, Junie, courtisée par deux demi-frères rivaux, répond à cette haine qui se révélera meurtrière : "J'ose dire pourtant que je n'ai mérité ni cet excès d'honneur, ni cette indignité." Voilà ce que pourrait rétorquer la directrice générale d'Engie aux actions de grâce comme aux critiques, tant la vérité ne se situe pas aux extrêmes.

Plus encore, le juste jugement à l'égard d'Engie dépend de la temporalité à laquelle l'arbitre se situe. Depuis trois ans, la capitalisation boursière d'Engie a diminué de plus de trois milliards d'euros alors que dans le même temps, le CAC 40 a progressé de 24,2 %. Et pour cause. Durant ces trois années, Isabelle Kocher a pris le parti de céder les activités les plus carbonées, mais aussi les plus rentables. Faut-il s’étonner dans ces conditions que le résultat net part du groupe ait reculé de 21,7 % l’an passé. Mais, le temps des marchés, de nature impulsive, capricieuse et impatiente, n'est pas celui de la transition écologique, dont les bons résultats dépendent d'une réforme en profondeur des mécanismes productifs, surtout pour un Groupe de cette taille. Et c'est pour cela qu'il ne faut pas se méprendre sur le cas d'Engie, pour qui la mue est résolument longue et douloureuse mais bien entamée et prometteuse.

D'ailleurs, les résultats se font déjà sentir, tirés par les activités de gestion de l'énergie, le nucléaire et des températures inférieures à la moyenne. Sur les six premiers mois de l'année, Engie a plus que doublé ses bénéfices. Le Groupe dégage un résultat net part du groupe de 2,1 milliards contre 0,9 milliard un an plus tôt, et un résultat net récurrent part du groupe de 1,5 milliard, stable. L'Ebitda ressort à 5,3 milliards d'euros, en hausse de plus de 2 % en organique. Quant au chiffre d’affaires, il atteint 33 milliards, en progression de 9,3 %.

Alors oui, la dette financière nette atteignait 26,1 milliards d'euros à la fin du mois de juin, mais au lendemain du record historique mondial du jour de dépassement (qui nous dit que dès aujourd’hui et jusqu'à la fin de l'année, l'Homme vivra à crédit sur les ressources de la Terre), ce n'est plus un secret, il va falloir investir. Le contrat conclu avec l'université d'État-de l'Ohio, aux États-Unis, en 2017 par l'ex GDF-Suez, en est un exemple concret. Le deal va durer pas moins de cinq décennies pour réduire la consommation d'énergie du site de 25 %.

Pour ce qui est d'un horizon plus proche, la sortie progressive de l'État français actionnaire, qui détient encore 24 % du capital, lui permettra enfin de se détacher des infrastructures gazières dont les prix sont régulés par l'État, pour investir dans des filières nouvelles telles que l'hydrogène et le biométhane. Sans tomber dans les honneurs, Engie prouve sa motivation et sa capacité à se réinventer, et c'est pourquoi les marchés feraient bien d'en finir au moins, avec l'indignité.

 

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