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Les patrons du FTSE 100 de mieux en mieux payés

Même en prenant la médiane afin de lisser en partie les écarts, la hausse des rémunérations a atteint 11% entre 2016 et 2017, selon The High Pay Centre. La réglementation en place n’a visiblement pas les effets escomptés. D’autres mesures arrivent mais les actionnaires ont aussi un rôle à jouer, pour contrer les excès.
Bulletin de paie - rémunération - bonus - fiche- salaire - revenus - illustration
Bulletin de paie - rémunération - bonus - fiche- salaire - revenus - illustration

Les dirigeants des entreprises du FTSE 100 n’auront pas eu à se plaindre en 2017. Selon l’étude annuelle du High Pay Center, la médiane de ce qu’ont touché les CEO a atteint les 3,93 millions de livres, soit une augmentation de 11% par rapport à 2016. Un chiffre en partie gonflé par les plans d'incitation de long terme dont ont bénéficié les intéressés. Certes, ce chiffre est en partie biaisé par deux gros chèques - ceux des patrons de la société de construction Persimmon et du spécialiste de retournement d'entreprises Melrose Industries (47,1 et 42,8 millions de livres respectivement) -, mais en prenant la médiane, le chiffre final se retrouve un peu lissé. Car si c’est la moyenne qui sert d’étalon, les émoluments des dirigeants du FTSE 100 ont même augmenté de 23% sur un an, à 5,66 millions d’euros en 2017. Persimmon et Melrose Industries mis à part, la hausse moyenne atteint tout de même les 6%, soit bien plus que l’inflation médiane des travailleurs britanniques (environ 2%). Et dans le détail, le CEO le mieux rémunéré l’an dernier, Jeff Fairburn, a touché 47,1 millions de livres, soit 22 fois sa paie de 2016. Tandis que Simon Peckham a empoché 42,8 millions (43 fois).

L’étude du High Pay Center met par ailleurs à jour un écart entre la paie moyenne des employés et celles de dirigeants de l'ordre de 145 pour 2017, contre 128 en 2016 et 146 en 2015. Or, pour mémoire, les Britanniques ont prévu de rendre obligatoire la publication du ratio entre la rémunération du dirigeant et la paie moyenne des employés. En 2019, entrera ainsi en vigueur l’une des mesures « phares » du gouvernement Theresa May - qui en a par ailleurs abandonnées bien d’autres. Les entreprises cotées de plus de 250 salariés devront se prêter à l’exercice chaque année. Les premiers ratios seront ainsi publiés dès 2020. Les groupes devront également justifier les écarts. A noter que d’autres ratios sont déjà en place, mais portent eux sur les différences de rémunérations entre hommes et femmes par entreprise.

D’ailleurs à ce sujet, l’analyse du HPC se penche également sur le sort des femmes. Si 7% des CEO du FTSE 100 sont des Eve, ces dernières ne remportent que 3,5% de la paie totale. Autre enseignement, qui ferait presque sourire s’il n’était pas le symptôme d’un manque cruel de diversité : « En tant que CEO du FTSE 100, vous avez autant de chance de vous appeler David ou Dave, ou Stephen ou Steven, que vous avez d’être une patronne. », indiquent les auteurs Pour ne rien arranger, six femmes étaient dirigeantes de l’indice en 2016, cinq en 2015. A ce rythme-là, il faudra 43 ans pour atteindre la parité…

Si le fait d’avoir à publier un ratio d’écart de salaires entre patrons et employés, lequel pourrait s’avérer gênant vis-à-vis de l’opinion publique, peut s’apparenter à du « name and shame » (littéralement nommer et faire honte), il ne sera pas forcément suffisant. Les efforts doivent être collectifs. Les actionnaires doivent aussi jouer leurs rôles quand il y a excès. Mais pour le moment, les « say on pay » contraignants sur la politique de rémunération n’ont lieu que tous les trois ans outre-Manche. Les votes annuels sont, eux, uniquement consultatifs. Le calibrage réglementaire est toujours un véritable exercice d’équilibriste pour ne pas risquer de rebuter les talents, ni contraindre des hausses de rémunération qui pourraient se justifier, mais de l’autre côté éviter les excès.

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