"Combien de temps ce gouvernement va tenir ?"
"On se dispute tellement que la question se pose de nouveau : combien de temps va tenir ce gouvernement, alors qu'il n'est en poste que depuis une demie année ? Beaucoup voient la Chancelière, et cheffe du SPD, Angela Merkel, chahutée de nouveau", prévient le Handelsblatt. En effet, les tensions se poursuivent, à la suite de déclarations de Hans-Georg Maassen, le patron du renseignement, qui avait minimisé les émeutes d'extrême droite de début septembre, mettant en doute les "chasses aux étrangers" évoquées par les journaux.
Jeudi, les différents représentants des partis de la GroKo, la grande coalition au pouvoir outre-Rhin, réunissant la CDU, la CSU et le SPD, se retrouvés pour une "réunion de crise", rapporte notamment le Handelsblatt. L'occasion d'évoquer l'avenir de la coalition, alors que le SPD réclame la démission du responsable du renseignement, Horst Seehofer lui a encore affirmé son soutien mercredi, à l'issue de son audition par le Bundestag. Kevin Kühnert, chef des jeunes du SPD, n'hésite pas à réclamer la fin de la coalition. Ses représentants doivent se revoir mardi pour prendre une décision quant à l'avenir de Maassen... et par extension de la coalition.
Etait-ce pour faire un pas vers le SPD ? Le parti AfD "s'oppose à ce pays", a martelé le ministre de l'Intérieur allemand Horst Seehofer, rapporte notamment le Spiegel. Même "s'ils peuvent affirmer mille fois qu'ils sont démocrates". Selon lui, le parti s'est "radicalisé" et est devenu "arrogant", "laissant tomber les masques". Il faut dire qu'en milieu de semaine, l'AfD a tenté de lancer un débat au Bundestag autour du budget défendu par Frank-Walter Steinmeier. Pour Horst Seehofer, ce positionnement - "une attaque frontale" - était "subversif" et dangereux pour l'Etat. Il estime cependant qu'il n'y a pas lieu de demander une surveillance par l'Office fédéral de protection de la constitution.
Quoi qu'il en soit, dans l'opinion publique, l'Union (CDU et CSU) a reculé dans les sondages : elle n'est soutenue désormais que par 30% des électeurs, rapporte la Frankfurter Allgemeine Zeitung, citant le baromètre politique de la chaîne de télévision ZDF. Le parti AfD voit également le nombre de ses partisans diminuer. "Seul le SPD a, à l'inverse, gagné 2 points."
Pendant ce temps-là, le président du Bundestag et ancien ministre des Finances Wolfgang Schäuble s'est exprimé sur le secteur bancaire, dans une interview accordée au Handelsblatt. Il a affirmé que "son respect diminue" pour cette branche, notamment à cause du manque de responsabilité de certains managers face aux crises. Le représentant de la CDU a également affirmé que l'Europe devait "gérer le problème des réfugiés rapidement, de manière efficace, flexible et pragmatique".
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