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Régulation / Concurrence / commission européenne / big data / Palantir / fraude fiscale

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La Commission européenne mesure l’urgence du big data

Plus que jamais, la France et l’UE doivent rester dans la compétition de la digitalisation du monde. Palantir, cette société américaine aux algorithmes surpuissants poursuit son implantation sur les marchés publics français, au risque de fournir des renseignements précieux outre-atlantique. La Commission européenne réagit, annonçant aujourd’hui la création d’une toute nouvelle société de traitement de données, EuroHPC.
Scality Cloud Stockage de données
Scality Cloud Stockage de données

Près de 15 jours après que le ministre de l’Action et des Comptes publics Gérald Darmanin a annoncé l’utilisation du big data pour lutter contre la fraude fiscale, c’est au tour du Conseil européen des ministres d’approuver un investissement à hauteur d’un milliard d’euros dans ce domaine. La transition est bel et bien en marche.

D’après un communiqué de presse, le Conseil a de fait soutenu le plan de la Commission européenne à investir dans une infrastructure commune aux Etats membres de “supercalculateurs” pour le calcul à haute performance (EuroHPC). Ces processus permettent de traiter un nombre de données colossal et ce dans de nombreux domaines tels que la santé, la sécurité automobile ou encore les énergies renouvelables. A ce titre, Andrus Ansip, vice-président de la Commission chargé du marché unique numérique, a déclaré : “L'UE ne peut pas se permettre d'être à la traîne. Avec EuroHPC, nous serons en mesure de bénéficier sur place de l'innovation.”

La société EuroHPC devrait être créée dans moins de deux mois pour rester opérationnelle jusqu’en 2026, l’idée étant d’assurer l’indépendance de l’Union européenne sur ces outils. Car d’après les données de la Commission, les entreprises de l’UE consomment près de 33% des ressources des supercalculateurs mondiaux mais n’en fournissent que 5%. EuroHPC “sera dotée d’un budget d’un milliard d’euros, provenant pour moitié du budget de l’UE et pour moitié des Etats membres européens participants. Des partenaires privés apporteront des ressources complémentaires d’une valeur supérieure à 400 millions d’euros”.

La Commission européenne a prévu d’investir 2,7 milliards d’euros supplémentaires pour la période 2021-2027 dans le cadre du programme pour une Europe numérique, présenté en mai cette année. A titre d’exemple et d’après le communiqué, ces prochains supercalculateurs domestiques pourront “ramener de 60 mois à 24 mois le cycle de production d'une voiture, tout en la rendant plus sûre et plus confortable”.

Ces initiatives arrivent à point nommé. Rappelons que lors du dernier colloque de Bercy sur la fraude fiscale (pour lire un article sur ce sujet, cliquez ici), un représentant français de la société américaine Palantir assistait aux tables rondes, proposant clairement ses solutions pour appuyer le gouvernement français sur le traitement de ce types de données. Mais peut-être c’est là tout le risque de livrer des informations sensibles à une puissance étrangère. Car à l’origine, l’entreprise a été financée en partie par le fonds In-Q- Tel, lié au service de renseignements américain. Aux États-Unis, Palantir travaille pour plusieurs agences de renseignement, comme la NSA. Par ailleurs, en 2015 la société - qui pèse aujourd’hui 20 millions de dollars - s’était portée candidate sur deux appels d’offre publics, justement sur le traitement des données fiscales, bien qu’elle n’avait pas été retenue.

En mai 2016 en revanche, la start-up remporte un contrat avec la DGSI de l’ordre de 10 millions d’euros. A noter que Palantir travaille également désormais pour l’avionneur Airbus, concurrent direct de l’Américain Boeing... De quoi précipiter la France mais aussi plus largement la Commission européenne à déployer ses propres systèmes. Dans ce contexte, le 27 juin dernier, le Sénat a d’ailleurs publié un rapport d’information, intitulé : “Prendre en main notre destin numérique, l’urgence de la formation.”

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