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MSU : la succession de Danièle Nouy s'accélère

Les trois candidats en lice seront auditionnés demain par le Parlement européen. Parmi eux figure Robert Ophèle, l’actuel président de l’AMF. Mais si le Français obtient le poste, l’Hexagone aurait peu de chance d’avoir aussi la présidence de la BCE quand Draghi quittera ses fonctions dans un an.
Robert Ophèle - AMF
Robert Ophèle - AMF

C’est demain que les potentiels successeurs de Danièle Nouy à la tête du mécanisme de supervision unique, le principal organe de surveillance bancaire européen, seront entendus devant le Parlement européen. Une étape importante pour le futur candidat, puisque les élus livreront ensuite leurs recommandations auprès du conseil des gouverneurs de la BCE. Ce dernier devra lui-même communiquer sa wish list auprès du Conseil européen à qui la décision finale appartient. Les candidats demain savent que cette audition est leur principale chance de défendre leur dossier, la BCE émettant rarement un avis différent du Parlement.

Trois personnalités européennes ambitionnent de prendre la relève de Danièle Nouy, dont le mandat s’achève en décembre prochain. La gouverneur adjoint de la Banque d’Irlande Sharon Donnery, le président de l’EBA Andrea Enria et le président de l’AMF Robert Ophèle. Selon les informations du Financial Times, la première aurait le soutien de Mario Draghi, ce qui pourrait l’aider à remporter le mandat, d’autant que Berlin serait également en sa faveur, afin de conserver une femme à la tête du superviseur.

L’audition de demain à Strasbourg sera d’autant plus cruciale que le choix du candidat finaliste aura un impact sur la répartition des nombreux autres mandats à la tête d’instances européennes arrivant à échéance dans les 24 prochains mois. Les pays le savent, chacun visant à placer ses pions de façon à obtenir les postes qui leur semblent le plus stratégique.

Ainsi, outre le remplacement de Danièle Nouy, les successions de Jean-Claude Juncker à la tête de la Commission et celle de Donald Tusk à la présidence du Conseil européen, devront être assurées à l’automne prochain. Deux postes stratégiques que la France et l’Allemagne lorgnent depuis de nombreux mois. Côté français les noms de Michel Barnier et Christine Lagarde avaient circulé à l’hiver dernier pour remplacer Jean-Claude Juncker. Mais un autre poste hautement stratégique attise également les convoitises des deux grandes puissances de la zone euro : la présidence de la BCE. Mario Draghi quittera ses fonctions en octobre 2019. Et là encore, la France pourrait viser le poste (le nom de François Villeroy de Galhau a circulé). Enfin, au sein de la banque de Francfort, l’économiste en chef Peter Praet de même que le membre du conseil des gouverneurs Benoit Coeuré quitteront leurs fonctions en mai et décembre 2019.

Selon le Financial Times, si la gouverneur adjoint de la Banque centrale d’Irlande a une longueur d’avance, elle pourrait cependant être pénalisée par rapport aux deux autres candidats, qui ont assuré la pleine présidence de leur institution. D’autant que Paris fait pression pour que Robert Ophèle l’emporte, notamment parce que la France souhaite accélérer l’assainissement des banques du Sud de l’Europe, encore plombées par un volume de prêts non performants important. Rappelons que l’actuel président de l’AMF a fait acte de candidature à titre personnel fin août dernier mais est soutenu par le ministère de l’Economie et des Finances ; "Robert Ophèle a toutes les qualités et l’expérience pour assumer ce poste stratégique", avait déclaré Bercy au moment où le président de l’AMF avait annoncé sa candidature. Sachant que l’Irlande elle-même ne soutient pas à 100% sa candidate pour le MSU, hésitant avec le gouverneur de la banque centrale du pays Philip Lane, qui pourrait de son côté être un bon candidat au remplacement de Peter Praet. Le pays estime sans doute qu’il ne pourra obtenir les deux mandats et pourrait préférer conserver ses chances pour un poste au sein du conseil des gouverneurs.

Les manoeuvres des pays compteront donc autant voire plus que les questions de compétences ou de parité pour définir in fine qui prendra la tête de l’organe chargé de la supervision des 118 plus grandes banques de la zone euro.

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