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Sur les marchés / Robert Ophèle / AMF / activisme actionnarial / activisme / Altran / Elliott / muddy waters

Sur les marchés
Robert Ophèle / AMF / activisme actionnarial / activisme / Altran / Elliott / muddy waters

Ce que dit Robert Ophèle de l'activisme

Sans engager directement l'AMF, le président du gendarme boursier français s'est exprimé sur l'un des phénomènes les plus observés de déstabilisation financière de ces dernières années.
Assemblée générale -  AG
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Sur les seuls six premiers mois de l'année, l'activisme actionnarial a de nouveau été vif. Le fonds Third Point a ciblé l'entreprise japonaise Sony, tandis que le fonds Ciam, en France, s'est opposé à Renault dans sa stratégie de fusion avortée avec Fiat Chrysler. Le fonds vautour Muddy Waters a fait l'objet d'une procédure de griefs par l'AMF, ses actes malsains contre Casino se retournant en fait contre lui-même après la diffusion de fausses informations. Et bien sûr l'irruption de l'acteur incontournable de ce marché, Elliott, chez Pernod Ricard. Lui qui veut aussi jouer les maîtres chanteurs chez Altran.

Ce qu'il y a d'intéressant dans ce sujet particulièrement controversé, c'est que les acteurs de l'activisme actionnarial ne sont pas toujours le diable. Il se trouve même que leur effet moyen sur la valeur à long terme des entreprises ciblées reste positif. Mais ils sont dans le viseur des autorités compétentes et des actionnaires plus classiques du fait de leur stratégie jugée particulièrement agressive, souvent confondue à de l'ingérence mal appréciée. Alors bien sûr, la réponse au débat n'est pas évidente. Car il existe un éventail de situations qui va de l'action menée par un fonds pour exercer une influence en utilisant les droits que la loi lui reconnaît, et particulièrement soutenue par les autres porteurs de part, au projet pernicieux du loup solitaire qui agit dans l'illégalité.

Et c'est bien parce qu'il existe une large gamme de combinaisons que la réponse juridique se fait attendre. Cependant, le milieu est en train de passer la vitesse supérieure. Comme le révélait en exclusivité WanSquare, la Commission des finances, présidée par Eric Woerth, a décidé au mois de mars dernier de créer une mission flash sur l'activisme actionnarial, que l'ancien ministre espère conclure au plus tard en septembre. Pour mener à bien son projet, il confiait récemment à nos équipes avoir procédé à de nombreuses auditions, notamment de fonds activistes, de régulateurs et d'investisseurs. C'est dans ce contexte que le président de l'AMF Robert Ophèle a choisi d'apporter ses propres réflexions sur l'activisme en bourse. Comme le sujet, si particulier, l'impose, le patron du gendarme boursier français est modéré. Car il est difficile d'échapper à la stratégie du "en même temps" sur la question de l'activisme.

Selon les mots du président, l'activisme actionnarial peut "s'avérer anormalement déstabilisateur", tout en étant "susceptible de contribuer à la bonne formation des prix sur les marchés et l'amélioration de la gouvernance et de la gestion des émetteurs". Robert Ophèle évoque l'obligation de déclaration de franchissement de seuil à 3 % du capital ou des droits de vote (comme cela est en fait déjà la règle au Royaume-Uni), en plus du seuil actuel de 5 %, admettant cependant que les mesures seraient lourdes à gérer. De façon plus concrète, il suggère une obligation de déclaration des positions courte sur instruments de dette, et des clarifications sur les conflits d'intérêts existants. Enfin, naturellement, la répression des délits d'initiés.

Il est clair que le débat sur l'activisme en bourse s'étoffe, et les réflexions devraient prochainement aboutir à de nouveaux statuts. Il est désormais urgent que Bercy tranche sur cette question, notamment pour que l'AMF puisse conforter ses capacités de réaction, ce qui est d'autant plus nécessaire que le temps des enquêtes et des sanctions n'est pas le temps des marchés.

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