WAN
menu
 
!
L'info stratégique
en temps réel
menu
recherche
recherche
Abonnez-vous
Abonnez-vous à notre newsletter quotidienne

Entreprises / Actions / activisme / activisme actionnarial / Lazard

Entreprises / Actions
activisme / activisme actionnarial / Lazard

L’activisme reprend du poil de la bête

Selon le rapport semestriel de Lazard, les investisseurs activistes ont nettement ralenti le nombre de campagnes pendant la crise, mais elles reprennent depuis mai. En Europe, de plus en plus d’institutionnels et de fonds de private equity actionnaires réclament des changements de gouvernance.
Lazard
Lazard

Alors que l’activisme montait de plus en plus en puissance ces dernières années, la crise du coronavirus a sans surprise gelé les campagnes au printemps dernier, en particulier aux États-Unis, mais le marché reprend déjà. C’est l’enseignement principal du rapport Lazard sur l’activisme au premier semestre : 100 campagnes sur les six premiers mois de l’année, soit un chiffre en baisse de 10% sur un an. Le trou d’air s’est surtout ressenti au mois d’avril avec seulement 8 initiatives, mais les mois de mai et juin ont été plus dynamiques (16 et 17 campagnes respectivement). Malgré ce ralentissement, les montants alloués ont été stables, à 25,8 milliards de dollars, ce qui signifie que les tickets moyens ont été plus élevés.

Le coup d’arrêt a été particulièrement violent aux États-Unis, où le nombre de campagnes a chuté de 40 % si bien que le marché américain, autrefois prépondérant, ne représente plus que 42% de l’activisme mondial, contre 59% l’an passé et même 70% en 2015. La paralysie a notamment concerné les "large cap", avec trois petites campagnes sur des cibles supérieures à 10 milliards de dollars, contre 15 un an auparavant. Les deux campagnes les plus en vue ont été de ce point de vue l’attaque d’Elliott contre Twitter, qui a réclamé le départ de Jack Dorsey et obtenu trois administrateurs et l’entrée de Silver Lake, ou encore celle de Carl Icahn contre Occidental, afin d’avoir plus d’informations sur l’acquisition d’Anadarko pour 55 milliards de dollars.

En Europe, le gel a été identique au printemps et le rebond semble se manifester un peu plus tardivement, avec 5 campagnes en juin. Surtout, les campagnes visent des cibles plus petites: 65% d’entre elles affichent moins de 5 milliards de dollars de capitalisation boursière, et seulement 7% plus de 25 milliards (contre 14% un an plus tôt). Elles se sont en outre concentrées sur trois secteurs clé : les industriels (46%), les biens et services de consommations (25%), et les institutions financières (14%). C’est surtout l’identité des investisseurs activistes qui évolue en Europe : des actionnaires depuis plusieurs années, tels que des institutionnels et de fonds de private equity, représentent désormais près de 30% des campagnes dans le Vieux Continent, alors qu’ils n’étaient que 10% l’an passé.

Par ailleurs, les demandes se cristallisent sur des changements au board ou de management, objet de 50% des campagnes au deuxième trimestre. Le renouvellement du conseil a en particulier été réclamé par 73% des campagnes depuis le début de l’année, signe que les actionnaires demandent plus de sang neuf. Les financières et le retail, deux secteurs directement et durement frappés par la crise et en pleine disruption, ont été au cœur des campagnes activistes européennes en 2020. Lazard apporte également un chiffre intéressant : les cibles des activistes ont sous-performé l’indice Euro Stoxx600 pendant la crise (-36% contre -26%) et sont en ligne avec le marché depuis (+ 26% et +25%), signe que le marché considère encore que les activistes ont des marges de manœuvre limitées sur leurs cibles.

Enfin c’est l’Allemagne qui a émergé comme nouveau marché de l’activisme en ce début d’année, avec 7 campagnes soit trois fois plus que sa moyenne sur trois ans, notamment parce que le pays n’a vécu qu’une période courte de confinement et a mieux géré la crise du Covid-19 que ses voisins.

Vous souhaitez réagir à cet article ou apporter une précision ?
Commentez cet article