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L’étau activiste se resserre sur les entreprises françaises
Les conséquences de la guerre en Ukraine n’impressionnent pas les fonds activistes, bien au contraire. Alors qu’ils avaient lancé pas moins de 73 campagnes dans le monde entre le 1er janvier et le 31 mars dernier, marquant un record après deux années de calme quasi-plat en raison de la crise sanitaire, le deuxième trimestre 2022 est le deuxième trimestre le plus actifs des cinq derniers trimestres avec 53 campagnes recensées, selon la revue de l’activisme actionnarial réalisée par Lazard. " Certes, l’activité mondiale a baissé de 27% par rapport au premier trimestre mais cela correspond à la tendance courante de recul constatée après des trimestres record ", précise à WanSquare Rich Thomas, associé gérant, responsable de l’activité conseil aux actionnaires chez Lazard.
La Tech en ligne de mire
Dans le détail, si les entreprises de la Tech représentent désormais une cible sur quatre dans le monde au deuxième trimestre, ce qui fait de ce secteur le plus impacté au premier semestre (21% de l’ensemble des campagnes, bien au-dessus de 14% de la moyenne sur plusieurs années), l’industrie a au contraire perdu 25% d’intérêt avec 26 campagnes seulement.
Par ailleurs, la dégradation des perspectives économiques au cours du deuxième trimestre a influencé les demandes des activistes, selon Lazard. L’accent a en effet davantage été mis sur la stratégie (21% des campagnes contre 14% au trimestre précédent) et sur les politiques d’allocation du capital (17% contre 10% au premier trimestre). Enfin, dans le prolongement de la tendance de l’année dernière, une proportion historiquement élevée de sièges au conseil d’administration (91% des 75 sièges gagnés au total) a été obtenue par le biais de campagnes.
Des primo-activistes
Mais dans sa nouvelle édition, la banque constate un phénomène nouveau : alors que les cinq activistes les plus prolifiques habituellement représentaient 19% de l’ensemble des attaques, ce qui est inférieur aux niveaux de concentration observés lors de cinq dernières années, plus de 80% des campagnes ont été menées par un large univers d’investisseurs intuitifs et d’activistes occasionnels plus petits.
Surtout, de nouveaux activistes ont fait, pour la première fois leur apparition. Ils ont représenté à eux-seuls 37% de tous ceux qui ont lancé des campagnes au premier semestre. "Cette activité accrue est alimentée par un niveau de diversification et de fragmentation du paysage de l’activisme qui n’a jamais été constaté auparavant. Ces nouveaux activistes sont un mélange entre de nouveaux investisseurs institutionnels qui sont de plus en plus frustrés par leurs avoirs et qui utilisent désormais l’activisme public pour la première fois et de nouveaux fonds spéculatifs qui possèdent des stratégies d’activisme dédiées", explique Rich Thomas.
Et leur appétit s’est porté sur l’Europe. "Alors que le nombre de campagnes menées en Europe par les cinq plus grands activistes est resté stable, celles organisées par cet univers plus large d'activistes ont presque doublé. Elles représentent désormais près de 9 campagnes sur 10", prévient l’associé de Lazard, avant de rappeler que "cela démontre bien que n’importe quel actionnaire peut devenir un activiste et perturber la stratégie d’une entreprise".
Une stabilité propice à l'attaque
De fait, l’Europe est désormais une cible de plus en plus privilégiée des fonds activistes. Le Vieux continent a connu une augmentation de 33% des campagnes le visant dont 20 campagnes au deuxième trimestre par rapport au trimestre précédent, soit 35 pour le premier semestre (en hausse de 67% par rapport à la même période l’année dernière) quand les Etats-Unis, berceau de l’activisme actionnarial, ont au contraire vu le nombre d’attaques diminuer de 50% pour atteindre 22 campagnes seulement.
Parmi les pays européens, la France confirme être devenue un mets de choix. En effet, si les entreprises britanniques restent les cibles les plus fréquentes des activistes européens au premier semestre, représentant plus d’un tiers de toutes les campagnes européennes, l’Hexagone a concentré environ 20% des demandes, soit un triplement en cinq ans. "Le nombre de campagnes en France est beaucoup plus élevé car, dans un contexte d’incertitudes économiques liées notamment à la guerre en Ukraine, les grandes entreprises françaises sont vues par les activistes comme relativement stables, ce qui leur permet d’avoir un impact", observe Rich Thomas. A l’inverse, l’Allemagne a connu une baisse spectaculaire du nombre de campagne. Elle n’en compte que 6, soit presque la moitié de ce qu’elle observe traditionnellement.
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