WAN
menu
 
!
L'info stratégique
en temps réel
menu
recherche
recherche
Abonnez-vous
Abonnez-vous à notre newsletter quotidienne

Régulation / Concurrence / activisme / Lazard

Régulation / Concurrence
activisme / Lazard

C'est au tour de Lazard de nous parler d'activisme

Le groupe mondial de conseil financier et de gestion d'actifs a publié le très attendu rapport 2019 sur l'activisme, l'un des sujets les plus discutés par la Place, et cela aux quatre coins de la Planète. WanSquare vous détaille les principales tendances de l'année écoulée. 

Certes, le nombre d'entreprises visées par des campagnes activistes a chuté de 17% à 187 entre 2018 et 2019, mais il n'y a jamais eu autant d'actionnaires qui se sont opposés aux politiques entrepreneuriales l'an dernier. Comme la Place le redoute en France, il n'est plus rare de voir les porteurs de parts adopter un comportement agressif, conclut le nouveau rapport de Lazard sur le sujet, publié hier. Ainsi, un nombre record de 147 investisseurs ont lancé de nouvelles campagnes en 2019, et près d'un tiers d'entre eux le faisait pour la première fois.

Sans surprise, Eliott Management et Starboard Value sont restés les principaux activistes, lançant respectivement 14 et 13 offensives, en absorbant un dixième des campagnes, mais d'autres intervenants ont marqué les esprits. Il y a eu Cat Rock Capital qui a ciblé Just Eat au Royaume-Uni et les campagnes des nouveaux fonds Impactive Capital et Caligan Partners, ce dernier étant parvenu à remporter des sièges au Conseil d'administration chez Knowles et AMAG Pharmaceuticals. Parmi les autres militants de premier plan, citons CIAM, basé à Paris, l'un des rares fonds militants dirigés par des femmes, qui a lancé six campagnes ; Sachem Head, dirigé par Scott Ferguson, ancien protégé de Bill Ackman, qui a lancé cinq batailles l'an dernier ; et Praesidium Investment Management et Legion Partners, basés à Los Angeles, qui ont chacun lancé quatre campagnes - comme Carl Icahn.

Sur les raisons des campagnes, 47% d'entre elles ont été axées sur les fusions - soit 14 points de pourcentage de plus qu'en 2018 -, que ce soit pour les empêcher ou les renégocier. Surtout, les fusions acquisitions ont mobilisé 60% des enveloppes des activistes, avec en particulier 7 milliards de dollars dédiés à la technologie. Plus en détail, les investisseurs activistes se sont intéressés à quatre secteurs clé : l'industrie (23% des montants engagés), la technologie (22%), l’énergie et infrastructures (16%) et les télécoms (12%), qui ont tous progressé en 2019. En outre, la profession s’internationalise de plus en plus hors des États-Unis, même si le pays représente encore 60% du nombre de campagnes. L’Europe suit avec 23%, mais si l’activité a reculé avec 48 offensives (contre 57) pour un total de 9,7 milliards de dollars sur le Vieux Continent l’an passé, c’est largement en raison de l’effet Brexit, avec 10 campagnes de moins outre-Manche en 2019. En Allemagne, en France et en Suisse, des cibles sous-valorisées attirent de plus en plus les activistes.

Les montants des sommes investies par les militants pour atteindre leur but ont chuté significativement sur 365 jours, passant de 66,4 milliards de dollars à 42,2 milliards de dollars en 2018, de sorte que si les techniques se font connaître par un plus grand nombre d'actionnaires, la tendance, tout de même très élevée, se nivelle. Dans tous les cas, il existe de mauvaises et de bonnes campagnes activistes. À ce sujet, les accents mis sur les facteurs ESG continuent de croître. Preuve en est, au cours des deux dernières années, l'actif sous gestion représenté par les signataires des Principes pour l'investissement responsable des Nations Unies a augmenté de 26%. L'année 2019 a d'ailleurs été marquée par un changement de paradigme puissant, mené par les plus grands dirigeants des États-Unis qui ont choisi de balayer l'ancien modèle de l'entreprise, hérité de Milton Friedman, selon qui seul l'enrichissement des actionnaires compte, pour un modèle multipartite, qui entend toutes les parties prenantes, des employés à l'environnement.

Pour l'année en cours, les investisseurs activistes devront en tout cas faire avec de nouvelles règles, car l'an dernier, l'organisme américain de réglementation des valeurs mobilières a décidé d'exiger des actionnaires qu'ils détiennent plus d'actions pendant plus longtemps avant de pouvoir soumettre des propositions, tout en donnant aux dirigeants davantage d'outils pour lutter contre les investisseurs activistes malveillants. À l’époque, Jay Clayton, le président de la SEC, avait déclaré que ces changements étaient nécessaires pour moderniser le processus de procuration, faisant valoir que les conseillers en matière de procuration étaient devenus aussi importants sur le marché que les vérificateurs, les agences de notation et les analystes.

Vous souhaitez réagir à cet article ou apporter une précision ?
Commentez cet article