Politique économique / Epargne / Millenials
Politique économique
Epargne / Millenials
Epargne : les Millenials prennent peu de risques
Réorienter l'épargne des Français vers l'économie, tel est l'un des principaux objectifs du gouvernement notamment contenu dans la loi Pacte, afin de mettre les abondantes économies des ménages au profit des entreprises. A ce titre, l'étude publiée aujourd'hui par Air Liquide et Actionaria sur le comportement d'investissement des Millenials (25-34 ans) et des Xennials (35-41 ans) apporte un éclairage intéressant sur la façon dont les pouvoirs publics pourraient inciter cette tranche de la population à davantage soutenir les entreprises.
Rappelons que l'un des objectifs de la loi Pacte est de doubler la part des fonds propres des ménages qui sont investis dans les PME, de 5 à 10 milliards d'euros d'ici 2022. Un chiffre finalement assez faible lorsque l'on considère que les montants de l'assurance-vie représentent autour de 1.600 milliards d'euros et que 400 milliards d'euros dorment sur les comptes courants des Français. Les Millenials et Xennials pourraient être d'importants contributeurs de ces 10 milliards, vu les résultats de l'enquête dévoilée ce matin.
Cette génération épargne plus que ses aînés, 2/3 d'entre eux mettant de côté tous les mois et pour plus de 6 % de leurs revenus pour la majorité d'entre eux. Des réserves qu'ils constituent principalement pour des projets de moyen-long terme (tels que la constitution d'un patrimoine, la préparation de l'avenir de leurs enfants ou encore la préparation de leur retraite). Mais qu'ils placent principalement dans des produits peu rémunérateurs et traditionnellement associés à des placements de court terme (Livret d'Epargne, Epargne Logement)... "Si Millenials et Xennials souhaitent épargner pour des projets de long terme et avec un objectif premier d'en obtenir un bon rendement, ils adoptent principalement un comportement d'épargne de court terme avec des faibles rentabilités", déplorent les auteurs de l'enquête. Seuls 12 % des Millenials disent avoir investi dans un compte-titres ou un PEA pour des placements de long terme, et 11% pour les Xennials.
Pourtant, ces générations sont convaincues du rôle clef que les entreprises peuvent avoir pour relever les défis sociétaux, notamment celles qui oeuvrent dans le domaine des énergies renouvelables, de la santé connectée et de l'intelligence artificielle. Mais très peu sont enclins à placer leur épargne en actions auprès de ce type d'entreprises (seuls 23 % des Millenials l'ont fait ou envisagent de le faire et 33 % ont déclaré que ce n'était pas du tout dans leurs projets). Les jeunes générations en somme n'assimilent pas leur épargne à un moyen de financer les innovations qu'ils jugent utiles pour la société, ni plus largement comme une façon de soutenir l'économie réelle.
Les entreprises, ainsi que les pouvoirs publics, ont donc un gros travail de pédagogie à faire pour inciter ces générations à placer leurs billes dans les entreprises. "Il est nécessaire de montrer aux jeunes qu'à travers leur investissement, ils peuvent agir à leur échelle, et allier performance et engagement sociétal [...] C'est à nous de les convaincre que leur épargne peut constituer un moyen de soutenir des innovations qui peuvent avoir un impact positif sur la société, tout en bénéficiant d'une performance dans la durée", relève ainsi Patrick Renard, directeur du service actionnaires du groupe Air Liquide. Un constat identique à celui de la majorité, qui s'est donc efforcé de proposer plusieurs options allant dans ce sens dans la loi Pacte (ouverture du PEA-PME aux titres émis dans le cadre du financement participatif, modernisation du fonds eurocroissance et simplification des règles encadrant l'épargne retraite).
Reproduction et diffusion interdites sans autorisation écrite

