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Brexit et clef de répartition de la BCE : Francfort va devoir refaire tous ses calculs
La BCE a révélé hier soir la nouvelle clef de répartition de son capital et précisé que cet ajustement avait lieu "tous les cinq ans pour tenir compte de l'évolution du poids des États au PIB de l'UE et de la taille de la population de chaque pays". Après cet ajustement, qui prendra effet à partir du 1er janvier prochain, seize banques centrales nationales détiendront une part plus élevée qu’auparavant dans le capital de la BCE, tandis que la part des douze autres diminuera.
Parmi les banques dont la contribution au capital de la BCE baissera, celle d'Espagne (sa contribution passera de 8,84 % du capital à 8,33 %) ou encore celle d'Italie (de 12,31 % à 11,80 %). La Banque de France ou la BuBa devront en revanche accroître leur participation à partir du 1er janvier prochain : celle de la BdF passera ainsi de 14,17 % à 14,20 % tandis que celle de la banque centrale allemande passera de 17,99 % à 18,36 %.
Plus surprenant, la part de la Banque d'Angleterre au capital de la BCE devrait également augmenter selon la nouvelle répartition et passer de 13,67 % à 14,33 %. Et ce alors que le pays doit quitter l'UE et toutes les instances européennes le 30 mars prochain. Interrogés par WanSquare, les représentants de Francfort ont expliqué qu'un nouveau calcul devrait effectivement être effectué "dans le courant du premier trimestre 2019", pour prendre en compte le retrait de la Grande-Bretagne de la BCE. Rappelons que même si le pays ne fait pas partie de la zone euro, il contribuait au capital de la BCE comme huit autres banques centrales de l'UE n'ayant pas non plus adopté la monnaie unique (c'est le cas de la banque centrale polonaise ou roumaine par exemple). Mais parmi les neuf pays non-membres de la zone euro, la Grande-Bretagne était celui qui représentait le plus gros contributeur au capital de la BCE. Et le troisième plus gros contributeur parmi les 28 États (derrière l'Allemagne et la France).
Le départ de la Grande-Bretagne ne sera donc pas anodin lorsqu'il faudra calculer la nouvelle clef de répartition et la France et l'Allemagne seront les deux pays qui seront les plus mis à contribution. Ainsi, selon les calculs de WanSquare, la part de la BuBa passera logiquement de 18,3% à 21,35% (soit de 1,98 milliard à 2,31 milliards d'euros environ) tandis que celle de la Banque de France passera de 14,20% à 16,56% (soit de 1,53 milliard à 1,79 milliard d'euros).
Il est vraiment étonnant que la BCE n'ait pas choisi d'anticiper dès à présent le départ du pays en prenant en compte directement le Brexit, plutôt que de devoir refaire les calculs dans quelques semaines. D'autant que selon les équipes de Francfort, même si la période de transition a effectivement lieu, la Grande-Bretagne sortira de toutes les instances européennes et donc de la BCE dès le 30 mars. Il n'y a donc aucun doute sur le fait que le pays ne contribuera plus au capital de Francfort d'ici trois mois. "Sauf si finalement le Brexit n'avait pas lieu, mais c'est tout de même hautement improbable", conclut Peter Ehrlich, un porte-parole de la BCE.
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