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Activiste / Lazard

Malgré la volatilité, des activistes gonflés à bloc en 2018

L’activisme actionnarial a touché un nouveau record en 2018 avec 65 milliards de dollars déployés, selon le rapport Lazard. Les activistes jettent de plus en plus leur dévolu sur l’Europe, notamment avec Scor et Pernod Ricard, mais les actionnaires traditionnels prennent aussi davantage position.
Paul Singer
Paul Singer

Loin d’être un simple effet de mode, l’activisme actionnarial est une véritable lame de fond qui ne semble pas prête de s’arrêter. Le rapport annuel que vient de publier le groupe de conseil actionnarial de Lazard en témoigne : 2018 a été une nouvelle année record d’activisme, avec un total de 226 campagnes (contre 188 en 2017) et un total de 65 milliards de dollars déployés, contre 62,4 milliards l’année précédente. Plus frappant encore, malgré le regain de volatilité et la forte correction des marchés au dernier trimestre, ce quatrième trimestre a été le plus dynamique de l’histoire, avec pas moins de 62 nouvelles campagnes, ce qui montre que les activistes n’ont pas été échaudés par ce contexte d’aversion au risque.

L’activisme fait aussi de plus en plus d’émules, puisque l’on a compté 131 investisseurs actifs en 2018 et même 40 nouveaux acteurs, alors qu’ils n’étaient encore que 23 en 2017. Mais ce sont les plus actifs et en vue qui portent le marché : neuf des dix activistes les plus impliqués ont investi plus d’1 milliard de dollars et la palme revient, une fois n’est pas coutume, à Elliott : le fonds de Paul Singer a engagé 22 nouvelles campagnes pour un total de 14,7 milliards de dollars, suivi par ValueAct (neuf campagnes pour 12,6 milliards de dollars) et Cevian (3 campagnes, 11,2 milliards de dollars).

Plus matures, les activistes obtiennent aussi plus souvent gain de cause. Ainsi, ils ont obtenu un total de 161 sièges d’administrateur aux conseils de leurs cibles, un chiffre en hausse de 56% sur un an et un nouveau record historique. Il faut dire qu’ils présentent des profils de grande qualité, puisque 27% des candidats proposés par les activistes affichent une expérience de CEO ou CFO de société cotée. Petit bémol néanmoins, la parié n’est pas leur point fort puisque seules 18% de leurs recrues sont des femmes alors que le S&P 500 a nommé 40% de femmes l’an passé, rappelle Lazard.

Au plan géographique, l’activisme reste encore prépondérant aux Etats-Unis (57% des campagnes et 62% de l’argent déployé), mais l’Europe représente désormais près d’un quart des cibles, avec 58 campagnes en 2018, mais aussi des dollars investis (15,7 milliards de dollars). De façon emblématique, les activistes n’hésitent désormais plus à s’attaquer à des fleurons industriels, des groupes familiaux ou encore des sociétés au secteur régulé. Les cibles françaises en sont la meilleure preuve, avec Ciam qui est monté au créneau chez Scor pour le pousser avec Covea, ou encore Elliott qui attaque frontalement la stratégie de Pernod Ricard, dirigé par Alexandre Ricard.

Mais une nouvelle tendance émerge aussi dans ces batailles stratégiques : les actionnaires traditionnels sont de plus en plus enclins à prendre position et afficher leur soutient, soit au management soit à l’activiste. Dans le cas de Pernod Ricard, c’est le Groupe Burxelles Lambert qui est sorti du bois pour défendre la société et ses "valeurs familiales", mais aussi la stratégie à long terme. Le fonds Janus Henderson est en revanche venu appuyer les critiques de ValueAct dans le constructeur Rolls Royce. Enfin, les gestionnaires passifs mais aussi les groupes de conseil en vote sont aussi plus vocaux pour peser dans la balance, à l’image de Larry Fink le remuant patron de BlackRock qui appelle à plus de responsabilité sociale des corporates. Leur rôle et influence au sein des sociétés cotées est de plus en plus prégnant, et un arbitrage réglementaire semble inéluctable.

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