Rémunérations : retour de bâton chez Sodexo
Hier s'est tenue l'assemblée générale de Sodexo. L'occasion pour les actionnaires de se prononcer sur des renouvellements de mandats d'administrateurs (Emmanuel Babeau, Robert Baconnier, Astrid Bellon et François-Xavier Bellon). Les porteurs de parts ont également ratifié la cooptation de Sophie Stabile, aujourd'hui fondatrice et gérante de la société Révérence (conseil, investissement, et prise de participation). Selon le compte rendu de l'Hebdo des AG, toutes les résolutions ont été adoptées à plus de 90 %. Sauf une. Celle concernant la rémunération de l'ancien directeur général, Michel Landel, qui n'a obtenu que 76,67 % des voix.
Pour mémoire, ce dernier a quitté ses fonctions à l'issue de l'assemblée générale de janvier 2018. Afin d'assurer une transition progressive, Denis Machuel a été nommé DG adjoint de Sodexo dès septembre 2017, avant de devenir DG en début d'année dernière. Tandis que Michel Landel a continué de siéger au conseil d’administration jusqu’au terme de la transition, en juillet 2018. C'est donc la rémunération de l'ancien homme fort (au titre de l’exercice social clos le 31 août 2018) qui a fait l'objet d'une contestation, puisqu'on estime qu'une résolution est contestée en dessous du seuil de 80 %.
Comment était composé son package ? Selon le document de référence 2017-2018 de la société, sur les 2,11 millions d'euros (montants bruts et versés avant impôts), le fixe a représenté 372.165 euros. Il s'agit d'un prorata sur une base annuelle de 933.400 euros, Michel Landel ayant été en poste du 1er septembre 2017 au 23 janvier 2018. La rémunération contient également un variable de 1,093 million d'euros, 22.000 euros de jetons de présence et 622.267 de prime de non-concurrence. Et c'est justement cette dernière qui semble avoir posé problème aux actionnaires.
La société la justifie ainsi : "Michel Landel est tenu à une obligation de non-concurrence d’une durée de deux ans, soit jusqu’au 23 janvier 2020, au titre de laquelle il peut prétendre à une indemnité de non-concurrence égale à deux ans de sa rémunération fixe annuelle, soit la somme globale de 1.866.800 euros." Cette clause avait fait couler de l'encre l'an passé puisque Michel Landel partait à la retraite. Et que son ancienneté au sein de l'entreprise donnait l'impression qu'il pouvait s'agir d'une indemnité de départ à la retraite déguisée, avait notamment fait valoir la société de gestion Phitrust. Sodexo avait alors rappelé que compte tenu de son poste au sein de la société, Michel Landel avait "aujourd'hui une connaissance du métier, de la stratégie ou encore des clients de Sodexo, dans chacune de ses activités".
Mais cette année, les actionnaires ne semblent pas plus convaincus. "L'indemnité de non-concurrence qui lui a été octroyée l'an dernier avait été votée de justesse, car ajoutée au dernier moment au package de départ à la retraite, sans jamais avoir été soumise préalablement aux actionnaires, à son arrivée ou lors d’un de ses renouvellements de mandats. Elle fait partie de son 'say on pay' cette année, ce qui explique le score à nouveau très bas", commente Bénédicte Hautefort, éditrice de l'Hebdo des AG. À l'heure où les activistes font entendre leurs voix plus que d'habitude, il est bon pour les sociétés de montrer qu'elles prennent en compte les contestations de leurs actionnaires, que ce soit en faisant évoluer leurs politiques de rémunération ou en communiquant sur la prise en compte des remarques.
Reproduction et diffusion interdites sans autorisation écrite

