Sur les marchés / Euronext / Stéphane Boujnah
Sur les marchés
Euronext / Stéphane Boujnah
Stéphane Boujnah s’exprime sur l’OPA d’Oslo Børs
Depuis la fin d’année 2018, la Bourse d’Oslo fait l’objet d’une OPA non sollicitée d’Euronext dont les conditions ont été jugées hier “un peu étranges” par la directrice de la bourse nordique. "Nous avons été contactés par des acteurs qui estimaient qu'ils auraient dû être invités aux enchères initiales et d'autres qui ont dit avoir été invités mais ont jugé que les conditions posées étaient telles qu'ils n'ont pas souhaité. On peut tous être d’accord que cela paraît un peu étrange", a déclaré Bente Landsnes à l’AFP.
C’est la banque d’affaires Carnegie, mandatée directement par les actionnaires de la Bourse d’Oslo, qui avait conduit les enchères auprès de plusieurs acteurs, dont Euronext, qui a fini par les emporter, suivi de peu par le lancement d’une OPA à hauteur de 625 millions d’euros. Contacté par WanSquare, le président du directoire d’Euronext Stéphane Boujnah s’est à son tour exprimé ce matin sur les conditions qui ont permis à l’opérateur de déclencher son offre : “Nous avons tous été surpris par ce processus qui est inhabituel, mais la réalité c’est que ce sont les actionnaires norvégiens qui en ont pris l’initiative, ce qui a conduit à une enchère que nous avons remportée. Ce projet a été discuté au premier trimestre l’an dernier, en détail avec la société et son conseil”.
Pour autant, le projet reste rationnel. “D’abord pour Euronext, qui poursuit son projet stratégique de construire la colonne vertébrale de l’Union des marchés de capitaux. Rationnel ensuite pour les actionnaires de la Bourse d’Oslo qui ont considéré qu’ils pouvaient en extraire un bon prix et confier cette société à un nouvel actionnaire dont c’est le cœur de métier. Rationnel enfin pour l’écosystème lui-même qui a besoin d’assurer, dans la durée, la pérennité des marchés de capitaux”.
L’opérateur boursier a formellement lancé à la mi-janvier son OPA, au prix de 145 couronnes norvégiennes par action (14,70 euros), soit une prime de 32 % sur le cours de clôture d’Oslo Børs le 17 décembre 2018. Et chaque actionnaire acceptant se voyait promettre un paiement d’intérêts sur le prix de l’offre égal à 6 % par an. Le 14 janvier, Euronext avait obtenu le soutien de 50,1 % des actionnaires de la place.
Le conseil d’administration de la place norvégienne avait pourtant vivement recommandé à ses actionnaires de conserver leurs titres en attendant ses recommandations, ce qui est “légitime bien sûr” pour Stéphane Boujnah. Selon la presse norvégienne et internationale, si les actionnaires d’Oslo Bors - à majorité institutionnelle - ont engagé un processus de vente indépendamment des directives du conseil, c’est qu’il y a eu d’une façon ou d’une autre une perte de confiance dans la direction. L'offre arrive d’ailleurs au moment où la bourse prépare un changement de directeur général : Havard Abrahamsen prendra le relais de Bente Landsnes, qui occupait ce poste depuis plus de 12 ans.
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