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Colony Capital serre la main de son activiste
Les négociations entre Colony Capital et son nouvel actionnaire activiste, Blackwells Capital, ont eu beau durer cinq mois, elles auront été aussi discrètes qu’efficaces. Lundi, le fonds américain spécialiste de l’immobilier a annoncé la nomination de deux nouveaux administrateurs indépendants à son board, qui sont tous deux issus de l’activiste Blackwells Capital. Les deux parties pourraient également convenir d’une troisième nomination dans les prochaines semaines. Surtout, Colony Capital a officialisé la constitution d’un comité de revue stratégique de cinq personnes – dont les deux nouveaux venus – chargé "de revoir, évaluer et faire des recommandations au board sur des sujets liés aux actifs de la société et la configuration des activités".
Il s’agit d’une victoire importante pour Blackwells Capital, un jeune fonds activiste qui n’en est qu’à sa deuxième campagne publique. En 2017, il avait lancé une offensive sur la chaîne de supermarchés Supervalu (troisième distributeur alimentaire aux US), avec qui il a finalement noué un accord un an plus tard. Le fonds a été créé et autofinancé par Jason Aintabi, un Canadien issu d’une famille fortunée qui possède des actifs immobiliers partout dans le monde. Il aurait engagé les discussions en septembre dernier, soit deux mois avant que le CEO Richard Saltzman ne soit remercié et que Tom Barrack ne décide de reprendre du service au sein de sa firme. Selon le Financial Times, l’investisseur a ensuite bénéficié de ses origines libanaises pour trouver un consensus avec le fondateur de Colony Capital.
Ce dernier avait rapidement pris des mesures musclées pour redorer le blason de sa firme en difficultés, qui a chuté de plus de 60 % depuis sa fusion ratée avec Northstar début 2017. Notamment en décidant la difficile suppression de 15 % des effectifs. Aujourd’hui, celui qui avait pris du champ de Colony pour aider Donald Trump à accéder à la présidence et a notamment présidé son comité d’inauguration, va encore plus loin pour restructurer sa maison. "Nous sommes ravis d’accueillir Ray Mikulich et Craig Hatkoff à notre board, après des discussions constructives avec Blackwells. Ils apportent une expérience précieuse en immobilier et finance et de nouvelles perspectives à notre conseil", a ainsi déclaré Tom Barrack lors de cette annonce.
D’autant que Blackwells est optimiste pour Colony, dont il détient 2 % du capital. Selon lui, le titre pourrait atteindre 11 dollars en Bourse si le groupe est restructuré, soit un potentiel de hausse de 80 %. Un tel accord de principe montre en tout cas le succès des activistes au modèle de "soft poser", qui privilégient le dialogue de fond avec la direction de leurs cibles plutôt qu’une violente campagne de communication publique.
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