WAN
menu
 
!
L'info stratégique
en temps réel
menu
recherche
recherche
Abonnez-vous
Abonnez-vous à notre newsletter quotidienne
Brexit Esma chambres de compensation LCH ICE Clear LME Clear

Régulation / Concurrence / Brexit / Chambres de compensation / esma

Régulation / Concurrence
Brexit / Chambres de compensation / esma

Brexit : belle victoire pour la place financière de Londres

L'Autorité européenne des marchés financiers (Esma) a annoncé ce matin que les chambres de compensation basées à Londres pourraient continuer à servir leurs clients de l'UE en cas de Hard Brexit, afin d'éviter de trop fortes perturbations sur les marchés financiers.
LSE - London Stock Exchange - bourse - londres - finance - marchés
LSE - London Stock Exchange - bourse - londres - finance - marchés

Les chambres de compensation de Londres peuvent souffler sur leur sort post-Brexit. Dans un communiqué dévoilé aujourd'hui, l'Esma a annoncé qu'en cas de "no deal", les trois principales chambres basées au Royaume-Uni, LCH Limited, ICE Clear Europe Limited et LME Clear Limited pourraient continuer à servir leurs clients européens, passé la date du 30 mars prochain.

Après avoir passé en revue les candidatures des trois chambres, et consulté les autorités compétentes, en accord avec le règlement EMIR sur les infrastructures de marchés, le gendarme de la bourse européen a considéré que les conditions nécessaires à la reconnaissance de l'équivalence du cadre législatif britannique étaient bien remplies. L'Esma a donc accepté de reconnaître ces trois chambres comme faisant partie d'un pays tiers. "L'Esma a adopté cette décision de reconnaissance pour limiter le risque de déstabilisation de l'activité globale de compensation et afin de ne pas entraîner d'impact négatif sur les marchés financiers", explique ainsi l'autorité dans son communiqué. 

En novembre dernier, le gouverneur de la Banque de France avait expliqué que l'ACPR soutenait cette position, également défendue par la Commission, de reconnaissance des chambres de compensation britanniques et d'autorisation de compensation. Mais ce feu vert pour continuer à exercer leurs activités de compensation aux institutions européennes ne devait être que "temporaire". Ce que le communiqué publié ce matin ne précise pas.

Si les Britanniques trouvent finalement un accord avec l'UE sur le Brexit, les institutions européennes et principaux acteurs financiers de l'UE pourraient de nouveau plaider en faveur d'une législation qui soit favorable à une moins grande concentration de l'activité de compensation, pour l'instant très majoritairement située à Londres. Rappelons d'ailleurs que la question de la compensation des produits dérivés en euros fait l'objet d'importants débats depuis plusieurs années, ayant commencé avant même le référendum sur le Brexit : en 2015, la BCE avait exigé que soient localisées dans la zone euro les contreparties centrales qui, en moyenne, avaient une exposition de crédit nette journalière de plus de 5 milliards d'euros dans l'une des principales catégories de produits libellés en euros, avant que le tribunal de l'UE ne s'oppose à cette décision.

Depuis le vote du 23 juin 2016, la question avait de nouveau refait surface, l'Agence bancaire européenne ayant notamment averti les banques de l'UE de se préparer à un scenario de Hard Brexit, où potentiellement elles n'auraient pu plus assurer leur compensation à Londres. Eurex, la chambre de compensation de la Bourse de Francfort, a d'ailleurs largement profité de ce climat d'incertitude, ses volumes traités ayant plus que quadruplé, atteignant 8.400 milliards fin août contre 1.800 milliards d'euros en fin d'année dernière. Pour le moment en tout cas et dans un scénario de Hard Brexit, les banques n'auront plus besoin de s'inquiéter d'un soudain arrêt de leur compensation.

Vous souhaitez réagir à cet article ou apporter une précision ?
Commentez cet article