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Politique économique / Brexit / Chambres de compensation / Services financiers / La City

Politique économique
Brexit / Chambres de compensation / Services financiers / La City

Brexit : la place financière de Paris parmi les grandes gagnantes de 2020

Selon la Banque de France, le Brexit a entraîné le transfert de 2500 emplois en 2020 et les relocalisations pourraient s'accélérer cette année, en fonction des équivalences que Bruxelles décidera ou non d'accorder au Royaume-Uni dans les prochains mois. 
Bourse de Paris - Palais Brongniart
Bourse de Paris - Palais Brongniart

Les transferts d'emplois et d'actifs de la City à Paris devraient accélérer cette année et permettre au Vieux Continent de renforcer ses infrastructures de marché et son autonomie financière. Tel est l'avis du gouverneur de la Banque de France, qui a profité de ses vœux à la place financière de Paris pour donner quelques chiffres encourageants concernant le développement du marché financier de l'Hexagone. Ainsi, le Brexit a entraîné le transfert de quelque 2500 emplois en France et l'autorisation d'une cinquantaine d'entités britanniques pour un montant d'au moins 170 milliards d'euros en 2020. Et, selon François Villeroy de Galhau, cette tendance positive devrait donc s'accroître en 2021. En 2019 déjà, la BCE avait estimé que la sortie du Royaume-Uni de l'UE provoquerait l'installation sur le Vieux Continent de 24 banques, pour un montant de 1300 milliards d'euros d'actifs. La Bundesbank a de son côté estimé que le Brexit avait entraîné le transfert de 400 milliards d'actifs en Allemagne en 2020 et que le rythme devrait également s'intensifier cette année.  

L'accord de sortie auquel les deux camps sont parvenus in extremis fin décembre ne prévoit en effet aucune équivalence pour les services financiers britanniques, se contentant d'annoncer que les deux camps entameraient un dialogue sur le sujet début 2021. La deadline fixée par Bruxelles et Londres sur le sujet est le mois de mars, mais les discussions ne constituent en rien une nouvelle phase de négociations, selon Nicolas Mackel, P.-D.G. de Luxembourg for finance. "La déclaration de décembre parle seulement d'un MOU (mémorandum of understanding) afin de mettre en place un dialogue régulier entre les autorités compétentes sur les questions réglementaires ; Il ne s'agit pas du tout de négociations pour accéder au marché financier européen", explique ainsi le responsable de l'agence de développement de la place financière du Duché. Car la Commission a été très claire sur le sujet, le Royaume-Uni redeviendra un pays tiers le jour de sa sortie de l'UE. Le seul moyen pour les services financiers britanniques de continuer à accéder au marché européen est donc désormais le mécanisme d'équivalence accordé de manière purement unilatérale par l'UE. 

Les discussions entre régulateurs des deux camps ces prochains mois vont donc surtout servir à vérifier pour la Commission quelles sont les intentions de la Grande-Bretagne en termes de réglementation, et si cette dernière compte diverger des normes européennes dans certains domaines. Si tel est le cas, Bruxelles ne devrait pas accorder de décision d'équivalence aux secteurs concernés. Rappelons qu'il existe 39 régimes d'équivalence dans l'UE décrits dans différentes directives concernant les services financiers (Mifid II sur la protection des investisseurs, CRD IV sur les fonds propres, Solvabilité II pour le secteur de l'assurance…). Or pour l'instant, Bruxelles n'a accordé que 2 équivalences au Royaume-Uni, celle concernant le trading de produits dérivés et celle sur le clearing.

Comment la Commission a-t-elle tranché sur ces deux décisions et quels seront les éléments qui la guideront sur le sujet dans les prochains mois ? "Bruxelles a estimé qu'elle n'avait pas d'autre choix que d'accorder une équivalence pour le trading de dérivés et la compensation car l'UE ne disposait pas des infrastructures pour l'instant pour assurer ce type d'activité", explique encore Nicolas Mackel. La Commission devrait donc adopter une approche stratégique pour accorder des équivalences, et décider quelles activités elle souhaite voir rapatrier sur le Vieux Continent et quelles sont celles où il est plus intéressant pour les deux camps de continuer à les faire exercer depuis Londres. Toutes les opérations en euros devraient ainsi à terme être rapatriées dans l'UE de même que la compensation en euros. Les chambres de compensation britanniques n'ont d'ailleurs obtenu qu'une équivalence provisoire sur le sujet, le temps que les pays de l'UE développent leurs propres infrastructures. C'est d'ailleurs ce que le gouverneur de la Banque de France a sous-entendu cet après-midi en déclarant que le Brexit allait imposer à l'UE de développer son autonomie financière. "Il faut renforcer nos infrastructures de marché, singulièrement sur la compensation des infrastructures de taux, avec les atouts de Paris", a déclaré le gouverneur.

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