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Apple tisse sa toile dans les services financiers / La diversification stratégique pousse les consommateurs au 100 % maison
Une offre de rendement dix fois supérieure à la moyenne. La promesse est alléchante et Apple l'a réalisée : la firme de Cupertino a annoncé cette semaine avoir lancé aux Etats-Unis un nouveau compte d'épargne rémunéré à 4,15 %. Une proposition donc bien supérieure au 0,37 % gagné en moyenne par les consommateurs américains sur leurs comptes bancaires, rapportent les données de la Federal Deposit Insurance Corporation (FDIC). Et même au-dessus des 3,9 % proposés par Goldman Sachs - son partenaire financier, en charge de la logistique et de la réglementation - pour un compte épargne chez Marcus, la banque numérique grand public du groupe américain.
Dans le détail, ce compte épargne ne sera disponible qu'outre-Atlantique pour les consommateurs de la firme à la pomme, puisqu’accessible aux détenteurs américains d'une Apple card (la carte bancaire de la maison). Mise sur le marché en 2019, elle comptait 6,7 millions de clients au début de l'année 2022, selon les chiffres du cabinet Cornerstone Advisors. Ce livret ne nécessitera pas de solde minimum et ne présentera aucun frais de tenue de compte. Les utilisateurs auront la liberté d'y déposer des fonds issus de comptes bancaires tiers. Mais il accueillera également le fruit du "cash back" proposé par Apple, soit le remboursement d’une partie des achats réalisés par les consommateurs du géant numérique chez ses partenaires.
Pas à pas
Cette nouvelle annonce marque un pas de plus dans le déploiement des services financiers d’Apple. Déjà, au mois de juin dernier, la Big Tech avait annoncé son arrivée sur le marché du "acheter maintenant, payer plus tard". Le système permet aux utilisateurs d'Apple Pay (le service de paiement du groupe qui concentre les cartes bancaires sur les iPhone) de fractionner un achat en quatre paiement égaux sur six semaines, pour un montant allant de 50 à 1 000 dollars. Le tout sans intérêt ou frais de retard.
Au total, l’écosystème financier d’Apple réunit donc désormais une carte de crédit, un service de paiement et un compte épargne. De quoi poursuivre l'installation de la firme dirigée par Tim Cook dans le monde des services financiers, en s'offrant la compagnie d'un partenaire de taille, Goldman Sachs, qui lui permet de supporter les lourdes contraintes réglementaires dont s'assortissent les activités bancaires outre-Atlantique. Mais, aussi, de renforcer sa stratégie du "tout Apple" pour ses consommateurs, ou d'en attirer de nouveaux. Car, de fait, sans iPhone, impossible d’accéder aux services (avantageux) proposés par le géant californien.
Pallier de moindres ventes
Pour Apple, ce déploiement dans le monde de la finance est aussi une manière de pallier le ralentissement que connaît son activité. Plus épargné que ses autres collègues Gafam (Google, Apple, Facebook désormais Meta, Amazon et Microsoft) par les hausses de taux d'intérêt, l'inflation ou la baisse de pouvoir d'achat de ses consommateurs, il reste qu'Apple n'est pas étanche à la situation économique actuelle. Pour preuve, alors que les ventes d'ordinateurs personnels ont reculé de 29 % au premier trimestre, selon les données du cabinet IDC, Apple a accusé un repli de ses affaires encore plus important. Toujours selon IDC, la firme à la pomme a vu ses ventes d'ordinateurs chuter de 40,5 % entre le premier trimestre 2022 et 2023.
Certes, les ordinateurs ne représentent plus aujourd'hui la principale source de revenus de l'entreprise : le moteur de croissance réside désormais sur son segment iPhone. Et, surtout, la stratégie de diversification opérée dans différents services (financiers donc, mais aussi de contenus avec Apple TV ou des applications maisons comme l'App Store ou Apple Music) permet à la société de faire face aux vents contraires. Reste à voir ce qu'il en ressortira de la publication des résultats du premier semestre 2023 d'Apple le 4 mai prochain.
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