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Sur les marchés
Bourse de Paris / La City / bloomberg / Stéphane Boujnah / Nicolas Namias / François Villeroy de Galhau / Sandro Pierri / attractivité / Finance
Paris entretient son titre de favorite de la finance européenne / Des qualités qui dépassent le Brexit
Le Brexit a sonné la fin de la toute puissance de la City dans la finance européenne. Et a jeté, par la même occasion, la lumière sur la place parisienne. Pour preuve, depuis le divorce entre le Royaume-Uni et l'Union européenne, la capitale rafle des records : au mois de novembre dernier, la Bourse de Paris a détrôné Londres en termes de capitalisation. Puis au titre de l'année 2022, Euronext a remporté pour la seconde année consécutive le titre de première place de cotation en Europe.
De même, lorsque de grandes banques américaines décident d'étendre leurs activités sur le Vieux continent, c'est à Paris qu'elles choisissent de poser leurs valises. En témoigne, l'année passée, l'installation par Goldman Sachs d'un nouveau siège dans la capitale, pouvant recevoir jusqu'à 500 collaborateurs. Enfin, et selon les chiffres du cabinet EY, Paris a obtenu le meilleur score européen en récupérant 2 800 employés opérant dans les services financiers (sur les 7 000 banquiers venus d'outre-Manche depuis le référendum de 2016).
Le Brexit a donc bien agi comme un catalyseur, en ce qui concerne la montée en puissance de la place parisienne. Mais le référendum de 2016 est loin d'être l'unique raison à avoir entraîné l'ascension de Paris dans le monde financier. A l'occasion d'une table ronde organisée ce mardi par Bloomberg, le président du directoire d'Euronext Stéphane Boujnah a précisé : "Ce n'est que le début, car le Brexit est un évènement historique", ce type de choc s'appréciant "sur dix à vingt ans".
En amont
Alors comment Paris est-elle parvenue à tirer son épingle du jeu dans la finance européenne ? Tout d'abord, grâce à un fervent soutien de la part des pouvoirs publics. Si certains dispositifs mis en place ces dernières années et permettant aux entreprises d'améliorer leur compétitivité sont à relever, le rôle de l'Etat français dans l'attractivité de la capitale est à souligner bien en amont. Et ce au niveau de l'éducation.
Avec un budget de 60 milliards d'euros qui sera alloué à l'éducation nationale en 2023, Stéphane Boujnah a poursuivi. "La décision la plus importante, pour rendre Paris compétitive, est celle de l'allocation de l'argent public. (...) Quand vous avez autant d'argent déployé depuis autant d'années dans le capital humain, vous pouvez rencontrer à Paris dans une même journée huit CEO à la tête de sociétés dont la capitalisation dépasse 50 millions d'euros. Cela n'arrive nulle part ailleurs en Europe".
Des investissements qui permettent d'élargir le vivier de talents mais aussi de le diversifier. De la gestion d'actifs à la banque d'investissement en passant par celle du détail, les acteurs de la finance tricolore opèrent dans de multiples secteurs.
Des liens forts
BPCE, Société Générale, BNP Paribas, Banque Postale ou encore Crédit Agricole : les grandes banques de l'Hexagone présentent toutes la particularité d'être fondées sur des modèles universels, répartis sur l'ensemble des services financiers. "Il y a un lien fort entre le secteur financier et l'économie réelle. C'est une des grandes spécificité française. (...) Notre force, c'est cet équilibre complet", a ainsi soutenu ainsi Nicolas Namias, président du directoire de BPCE.
Outre une qualité de main d’œuvre et un secteur financier bien implanté dans la sphère réelle, la France attire aussi les investisseurs grâce à une longueur d'avance prise dans l'ESG. En effet, en ce qui concerne l'investissement responsable et la prise en compte des critères écologiques, sociaux et de gouvernance dans les décisions financières, l'Hexagone fait figure de leader. "Cela a commencé très tôt en France, il y a une vraie culture de l'investissement responsable", a souligné Sandro Pierri, directeur général de BNP Paribas Asset Management.
Invité à s'exprimer à l'issue de la table ronde et comme pour conclure l'intervention précédente, François Villeroy de Galhau, le gouverneur de la Banque de France, a avancé : "Paris montre qu'il y a une vie après Londres...".
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