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Le prêt très lucratif de JP Morgan à l’Ukraine
Après avoir provoqué de nombreux commentaires lorsqu’elle a été la première banque à lancer sa cryptomonnaie – alors que son CEO Jamie Dimon s’était montré particulièrement hostile à cette innovation – JP Morgan innove à nouveau. Mardi, la banque américaine a prêté 350 millions de dollars lors d’une émission souveraine de l’Ukraine, et ce à seulement deux semaines de l’élection présidentielle du pays. Au lieu de se cantonner à son rôle habituel d’intermédiaire entre l’État émetteur et des investisseurs tiers, la banque est ainsi intervenue en direct en achetant des titres à échéance novembre 2028, à un taux de 9,75 %. Le total du placement a atteint 1,6 milliard de dollars.
Cette émission obligataire est la première de l’année pour l’Ukraine, qui avait levé 2 milliards de dollars à 5 et 10 ans en octobre dernier et a également obtenu un financement de 3,9 milliards de dollars de la part du FMI. Mais ces enveloppes n’ont pas suffi et le gouvernement avait besoin d’un nouvel appel aux marchés pour couvrir ses besoins de financement à court terme. Le timing était plutôt bon, dans la mesure où la liquidité des marchés a conduit à une résurgence de la demande pour les obligations des pays émergents, et une baisse des taux souverains ukrainiens.
Mais lors des roadshows, de nombreuses banques ont conseillé au pays de temporiser et attendre le passage de ces élections présidentielles à hauts enjeux. Le président du pays, Petro Poroshenko, est menacé par une célébrité populaire, Volodymyr Zelensky et l’ancienne Premier ministre, Yulia Tymoshenko. Le scrutin est prévu pour le 31 mars prochain.
Mais si JP Morgan a accepté de faire acheter ce papier par son bureau obligataire, ce n’est pas par charité. La banque a déjà commencé à revendre des titres achetés à 98,8 cents sur le dollar, à 100,5 cents sur le dollar, et pourrait ainsi encaisser un profit de 5,7 millions de dollars sur cette opération, selon les estimations.
Depuis la crise Lehman Brothers et le passage d’une réglementation très contraignante sur le trading sur fonds propres des banques, qui impose des coussins de capitaux très élevés pour ce type d’opération, de telles opérations étaient devenues très rares de la part des acteurs de Wall Street. Mais au vu des profits à faire sur ce type de deals, nul doute qu'ils devraient à nouveau se frotter à ce lucratif segment.
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