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Asset, Management / krach / rendement / Actions / obligation

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Croisement très dangereux des courbes de rendement à Wall Street

Dans l'ensemble, les obligations d'État américaines à 6 mois offrent aujourd'hui un rendement de 2,35 % supérieur à celui des actions (2 %). Le dernier dépassement du genre remonte à l'été 2008, quelques semaines avant le krach de Lehman Brothers.
Nasdaq - Bourse - illustration
Nasdaq - Bourse - illustration

Le dernier grand indice occidental à avoir maintenu un niveau correct depuis le début de l'année est l’indice Nasdaq. Mais avec sa baisse d’hier, il est désormais sur la même tendance négative que le S&P 500 et le Dow Jones. Par rapport aux pics atteints au cours de l'année, la baisse de Wall Street commence maintenant à devenir substantielle et proche de ce que les opérateurs appellent un marché baissier. Le Nasdaq a perdu 16 % depuis le 29 août, le Dow Jones 12 % depuis le 3 octobre et le S & P 500 13 % depuis le 20 septembre.

L'année 2018 va donc rester comme une mauvaise année pour le marché boursier mondial. Le dernier événement majeur qui pourrait changer son cours est la décision sur les taux d'intérêt et les prévisions de politique monétaire qui seront annoncées demain par la Réserve fédérale. Mais personne ne s’attend à un discours très positif s’agissant du resserrement monétaire déjà en cours.

Sur le plan des dividendes, en revanche, Wall Street n'a pas déçu les attentes en 2018. Selon les calculs du Wall Street Journal, les sociétés américaines incluses dans le panier du S & P 500 ont distribué près de 421 milliards de dollars aux actionnaires de janvier à novembre, soit plus que tout ce qui avait été distribué au cours des douze mois de l’année 2017.

En temps normal, les actions et les obligations sont liées par une corrélation inverse. Cela n'a pas toujours été le cas ces dernières années, car les milliards injectés par les banques centrales dans le cadre des plans d'expansion ont gonflé à la fois les obligations (par des achats directs par les banques centrales) et les actions (en raison du climat accru de goût du risque et des rachats d'actions propres par les entreprises américaines). Mais maintenant, surtout aux États-Unis, la corrélation inverse est de retour.

Depuis hier notamment, les taux des obligations d'État américaines ont dépassé le rendement en dividendes offert par l'indice S&P 500. Pour les échéances les plus longues, le dépassement a déjà eu lieu l'année dernière. Mais pour les échéances les plus courtes, c’est désormais le cas. Dans l'ensemble, les obligations d'État américaines à 6 mois offrent aujourd'hui un rendement de 2,35 % bien supérieur à celui des actions (2 %). Le dernier dépassement du genre remonte à l'été 2008, celui qui a précédé le krach de Lehman Brothers.

Sans être catastrophique, tous les investisseurs savent parfaitement que le dépassement du taux des dividendes distribués par le rendement des obligations à court terme est objectivement un signe de faiblesse pour Wall Street, du moins dans la mesure où il indique qu'aujourd'hui, pour obtenir un rendement plus élevé par rapport aux actions, il suffit d'acheter des obligations d'État à court terme du pays le plus fiable du monde, dans la mesure où il est l'émetteur de cette devise - le dollar - qui est actuellement reconnue comme la devise de dernier recours. Ce signal n’est pas suffisant pour annoncer l’imminence d’un krach. Mais il est malheureusement nécessaire. Et il est bel et bien là.

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