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Politique européenne / Brexit / Westminster

Politique européenne
Brexit / Westminster

Brexit : quelles options après le coup de théâtre de John Bercow ?

Le speaker de la Chambre des Communes a refusé un troisième "meaningful vote" au Parlement, invoquant une convention du XVIIe siècle pour justifier sa décision. État des lieux des options restantes pour Theresa May et la sortie de son pays de l'UE.
John Bercow
John Bercow

Chaque jour apporte son lot de rebondissements sur le Brexit, transformé en véritable feuilleton politique britannique et européen. Hier soir, le speaker de la Chambre des Communes a pris le gouvernement de court, en annonçant que Theresa May ne pourrait pas organiser un troisième meaningful vote d'ici le sommet européen de jeudi et vendredi. Motif invoqué ? Une convention "très forte et ancienne, remontant au 2 avril 1604" interdit au gouvernement de représenter lors de la même session parlementaire la même proposition ou substantiellement la même.

Or c'est ce que la Première ministre comptait faire aujourd'hui ou demain, après une intense journée de négociations avec le parti irlandais DUP, qui lui aurait peut-être permis d'obtenir le nombre de voix nécessaire pour faire passer son fameux accord de mi-novembre sur le Brexit. "Si le gouvernement veut présenter une nouvelle proposition qui n'est pas la même ou substantiellement la même (que celle qui a été déjà rejetée, N.D.L.R.), alors tout est en ordre", a toutefois souligné le speaker de la Chambre. Sachant pertinemment que Theresa May n'aurait pas le temps de revenir avec un texte différent d'ici jeudi ! Or, jeudi dernier, les députés ont validé une motion proposant un report du Brexit, d'une courte période (jusqu'au 30 juin) s'ils parvenaient à valider l'accord d'ici au sommet européen et "plus long" si tel n'était pas le cas.

Certes, la Première ministre dans son obstination, pourrait tenter un dernier coup de poker en contournant la décision du speaker : soit en mettant fin à la session parlementaire actuelle, et en demandant à la Reine d'ouvrir de façon prématurée une nouvelle cession (ceci n'aurait dû avoir lieu qu'au mois de mai). Ce qui mettrait les compteurs à zéro pour voter sur l'accord. Soit en prouvant qu'elle dispose d'une majorité absolument suffisante pour valider le texte. Or Theresa May n'en a toujours pas la certitude et il est donc très improbable qu'elle prenne le risque de contourner la décision de John Bercow.

L'UE va donc devoir se prononcer jeudi sur une extension plus longue du Brexit. Et devra donner son feu vert à l'unanimité pour que le report soit validé. Selon James Smith, économiste chez ING, l'Allemagne, l'Irlande et la France soutiennent un report long, de 9 à 12 mois, tandis que la Hollande et l'Espagne sont en faveur d'un délai plus court. En cas de report long, la Grande-Bretagne devra participer aux élections européennes. Ce qui ne devrait pas réjouir les 27 États, puisque les partis populistes et europhobes à commencer par le UKIP risquent de rafler la mise au Royaume-Uni, vu le contexte. Selon le calendrier de Bruxelles, les Britanniques ont jusqu'au 12 avril pour faire part de leur participation aux élections européennes.

Les 27 pourraient se prononcer jeudi sur un report à condition que le Parlement britannique propose d'ici au 29 mars d'autres options de sortie. Car Bruxelles a toujours dit qu'un report serait accepté uniquement si les Anglais avaient une bonne raison pour le justifier. "Si l'UE impose ce genre d'ultimatum, cela mettrait la pression sur les législateurs britanniques pour trouver une solution alternative, qui devrait plus ou moins ressembler à un soft Brexit", poursuit l'économiste d'ING. Qui ajoute qu'une extension longue est l'option plus probable à ce jour. Mais que personne n'est en réalité capable de prédire ce qu'il se passera dans les deux prochaines semaines, vu les derniers rebondissements, et l'impossibilité de prédire la politique britannique.

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