Business angel : Valentine Baudouin, définitivement opérationnelle
Pour Valentine Baudouin, il ne s’agit pas d’une rupture. Son choix d’avoir quitté le barreau de Paris pour devenir business angel à temps plein s’inscrit dans la continuité de son parcours. Cette dernière touchait à la matière puisque chez Kramer Levin depuis 2014, elle conseillait les start-up, les acteurs de la blockchain ou encore les "emerging managers" qui créaient leurs premiers fonds etc. "Chaque avocat a son style. De mon côté, j’étais souvent opérationnelle chez mes clients et totalement investie dans leurs projets", explique Valentine Baudoin, diplômée de Dauphine et d’Assas, et qui a travaillé chez Gide, Santander ou encore Citi.
Cette dernière a rejoint Founders Future en tant que partner. Valentine Baudoin va apporter son expertise à la nouvelle entité lancée par Marc Menasé. Celle-ci fonctionne sur deux jambes : d’un côté son activité de venture capital, qui finance les start-up en phase d’amorçage. De l’autre, le start-up studio, qui cofonde des sociétés à partir d’un PowerPoint.
Marc Menasé et Valentine Baudoin se sont rencontrés lorsque sa future partner était encore avocate et le business angel, son client. Parallèlement à son activité dans le droit, Valentine Baudoin a mis récemment quelques tickets dans des start-up, dont une LegalTech – Hyperlex, logiciel de gestion de contrats. "C’est assez logique d’investir dans un domaine que vous connaissez. On comprend mieux le besoin", commente Valentine Baudoin, qui elle-même se servait en tant qu’avocate de services offerts par certaines LegalTech. "Dans le domaine du droit, l’intelligence artificielle a un fort potentiel et pourrait permettre de se décharger des tâches sans réelle valeur ajoutée pour mieux se concentrer sur l’activité de conseil", poursuit l’ancienne avocate.
L’an dernier, Founders Future a reçu environ 1.000 dossiers et pris en moyenne 50 rendez-vous par mois pour rencontrer les équipes. "En tant qu’entrepreneurs et investisseurs indépendants, on n’a pas de biais sur les secteurs dans lesquels on investit. L’important pour nous, c’est de comprendre le modèle des start-up et leurs marchés", souligne Valentine Baudouin. Son expérience est complémentaire avec celle de Marc Menasé (qui a vendu son entreprise de communication digitale en 2006 à Lagardère et a notamment investi dans Le Petit Ballon, le leader de l’abonnement de vin sur Internet). Lequel a d’ailleurs une appétence pour la food tech et donc la transition alimentaire. "Il y a une prise de conscience sur le fait qu’il faille donner du sens à notre consommation alimentaire, à notre travail, avoir des cosmétiques de meilleure qualité, etc. On investit dans une équipe et des idées, mais aussi dans des sociétés qui ont du sens pour nous". Tous deux font équipe avec Victoire de Lavigne, qui est passée par Goldman Sachs et a un profil d'analyste et Hadrien Mansour, qui connaît le volet banque d’affaires et marchés après avoir travaillé en M&A chez Rothschild à Paris.
Une fois les dossiers choisis, l’équipe se lance dans ce qu’elle sait le mieux faire : aider les start-up au quotidien. "En plus de nos investisseurs, on travaille avec plusieurs 'operating partners' qui ont chacun des compétences spécifiques dans un domaine particulier. Ce 'pool de compétences' est précieux pour accompagner les start-up en fonction de leurs besoins. On ne va sur les dossiers que si on est certain d’être un bon investisseur, de pouvoir apporter aux équipes notre savoir-faire, que ce soit sur le marché ou sur le produit". Une casquette qui plaît à la nouvelle partner, qui met l’accent sur son grand besoin d’opérationnel.
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