WAN
menu
 
!
L'info stratégique
en temps réel
menu
recherche
recherche
Abonnez-vous
Abonnez-vous à notre newsletter quotidienne

Sur les marchés / esma / London Stock Exchange / Brexit

Sur les marchés
esma / London Stock Exchange / Brexit

Le LSE réplique à l'ESMA sur l'avenir du trading post-Brexit

L'autorité européenne des marchés financiers a établi que 14 des plus grosses valeurs cotées à Londres ne pourraient plus être traitées à Londres par les investisseurs européens en cas de Hard Brexit. Le LSE a tenté de se défendre.
La City - Londres - Royaume-Uni - Angleterre
La City - Londres - Royaume-Uni - Angleterre

Voilà un exemple du type de bataille juridique et financière qui risque de se produire fréquemment après le Brexit, surtout si le pays ne sort sans aucun accord, le 12 avril prochain. Ce qui est de plus en plus probable, les députés ayant de nouveau rejeté l'accord de Theresa May cet après-midi.

Le 19 mars dernier, l'Esma a indiqué quels titres les investisseurs de l'UE ne pourront plus traiter sur la bourse de Londres dans le cas d'un "Brexit dur". L'autorité des marchés financiers européenne a publié une liste de 6.200 valeurs assujetties à l'"obligation de trading", c'est-à-dire dire qu'elles devront être soit achetées soit vendues sur une plateforme basée dans l'Union européenne si la Grande-Bretagne quitte l'UE sans accord. Or cette liste inclut 14 valeurs cotées sur la Bourse de Londres mais que l'ESMA a jugées suffisamment liquides sur les plateformes de l'UE pour que les investisseurs ne passent plus par le LSE. Ces derniers pourront en revanche toujours traiter des actions cotées à Londres et ne faisant pas partie de la liste. 

Dans son étude d'impact sur le Hard Brexit publiée aujourd'hui, le LSE a donc vertement répliqué à l'Esma en déclarant que cette décision sur le trading menaçait la capacité des sociétés d'investissement européennes à obtenir les prix les plus favorables sur les transactions boursières pour leurs clients. Selon le LSE, les 14 titres du FTSE 100 inclus dans la liste de l'Esma  (et notamment BP, Royal Dutch Shell et Vodafone) représentent plus d'un tiers de la capitalisation boursière de l'indice blue-chip du Royaume-Uni. Le LSE n'est pas le seul opérateur britannique à avoir réagi, et l'ensemble de la place financière britannique a commencé à se défendre. 

La semaine dernière, la FCA (Financial Conduct Authority) a ainsi déclaré que la décision de l'ESMA risquait de perturber les marchés et préconisé un dialogue avec le régulateur européen pour trouver une solution alternative. De même, dans une lettre adressée à Valdis Dombrovskis, vice-président de la Commission européenne, le 27 mars dernier, Simon Lewis, directeur général de l'AFME (Association for Financial Markets in Europe), avait dit craindre que l'interdiction de trading de certains titres sur la Bourse de Londres n'entraîne "une fragmentation croissante du paysage commercial, et que les investisseurs soient confrontés à des coûts d'exécution nettement supérieurs".

Pour l'instant, l'Esma n'a pas réagi. Sans doute parce que le contexte politique est tellement incertain qu'elle préfère attendre de savoir ce que les Britanniques vont décider. Mais il est peu probable qu'elle cède à la pression du LSE et du régulateur britannique, alors qu'elle s'est déjà montrée relativement clémente sur d'autres sujets (notamment la reconnaissance des chambres de compensation britanniques). 

Vous souhaitez réagir à cet article ou apporter une précision ?
Commentez cet article