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Politique économique / Chine / Etats-Unis / Taux-dette souveraine

Politique économique
Chine / Etats-Unis / Taux-dette souveraine

US-Chine : la dette américaine, l’arme nucléaire des chinois

Alors que Donald Trump annonce l’interdiction du matériel étranger dans les équipements télécoms américains, la Chine a trouvé une douloureuse riposte : elle a réduit sa détention de dette américaine de plus de 20 milliards de dollars, soit son plus bas niveau en deux ans. Le bras de fer est parti pour durer.
Chine
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Un pas en avant, deux pas en arrière. Alors que mercredi, l’administration américaine montrait sa volonté de vouloir renouer le dialogue commercial avec la Chine, Donald Trump a signé un décret le soir même visant directement un des fleurons industriels du pays, Huawei. Ce texte vise à interdire les fabricants étrangers de matériel télécoms, considérés comme des "adversaires", d’équiper des produits américains comme des smartphones. Le gouvernement a en parallèle décidé d’ajouter l’équipementier télécoms chinois Huawei dans une liste de groupes considérés comme des menaces, et engagés dans des activités contraires aux intérêts américains. Concrètement, cela signifie que les entreprises US ne pourraient vendre ou transférer leur technologie vers Huawei que si elles ont obtenu une licence gouvernementale, ce qui le coupe de nombreux clients américains pour ses puces, mais handicape aussi les sociétés US qui vendent à Huawei.

Cette décision est en apparente contradiction avec les propos du secrétaire au Trésor, Steve Mnuchin, qui quelques heures plus tôt avait indiqué être proche d’un accord était proche avec le Mexique et le Canada sur l’acier et l’aluminium, et a reporté de six mois de possibles tarifs sur l’automobile, qui pénaliseraient surtout le Japon et l’Europe. Et a aussi envisagé un voyage en Chine "dans un avenir proche". Une apparente volonté de rassurer les marchés, violemment ébranlés par les représailles chinoises en début de semaine. Mais la réalité est que les deux camps restent à couteaux tirés depuis l’escalade des tensions, et que la perspective de la signature d’un accord qui ne fasse pas perdre la face à l’un d’eux est encore lointaine.

D’autant que les Chinois ont une autre arme nucléaire sur les États-Unis : leur position de premier détenteur étranger de dette publique américaine. Et ils ont déjà commencé à utiliser ce moyen de pression : en mars, le pays a réduit sa position de dette publique de 20,5 milliards de dollars, si bien qu’il détient désormais 1.120 milliards de dollars. Soit la plus forte baisse mensuelle en près de deux ans, selon CNBC. Ce phénomène n’est pas nouveau : sur 12 mois, le stock de dette américaine détenu par la Chine a chuté de 5,6 %, soit 67,2 milliards de dollars. L’Empire du Milieu, qui représentait 12 % du total de la dette américaine en 2012, ne compte plus que pour 7 %, selon UBS, mais reste devant le Japon et le Royaume-Uni.

La Chine utilise certes aussi cette arme pour gérer le niveau de sa propre devise, le yuan, et a besoin de cette diversification de ses actifs en capitaux étrangers. Mais si le pays décide d’utiliser plus agressivement la vente de dette publique US dans le cadre de ses différends commerciaux avec les États-Unis, cela pourrait être très douloureux pour le niveau des Treasuries et le coût de la dette abyssale américaine. L’impact est encore difficile à évaluer : si cette réduction reste graduelle, elle aurait un impact de 0,4 point sur les Treasuries à 10 ans, toujours selon UBS.

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