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Fusions, Acquisitions / Renault / Fiat / Nissan / M&A / Deal / Bruno Le Maire

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Presse US : « le deal Renault-Fiat paralysé par la bureaucratie française »

Pour la presse américaine, l’échec du rapprochement entre Renault et Fiat est un nouvel exemple de l’ingérence malvenue de l’État français dans les deals de ses fleurons industriels. Ce qui place les deux groupes mais aussi Jean-Dominique Senard, dans une position compliquée.
Jean-Dominique Senard - Michelin
Jean-Dominique Senard - Michelin

"‘Deux capitaines font chavirer un bateau’, disent les Français. Que se passe-t-il quand ils sont trois ou quatre ?". C’est par cette phrase cinglante que le Wall Street Journal commence son analyse de l’échec de la fusion entre Renault et Fiat. Car pour la presse américaine, ce fiasco a un seul responsable : l’État français. "Ce devait être une fusion transformante dans une industrie qui fait face à des challenges insurmontables. Mais Fiat Chrysler et Renault ont buté la tête la première sur un problème familier en France : le gouvernement lui-même", constate le New York Times.

Car si la puissance publique était légitime à jouer un rôle pour assurer la préservation des emplois et la marque Renault dans cette opération, elle n’a réussi qu’à rendre furieux les patrons des deux groupes, selon des sources proches du dossier. Les deux journaux reviennent sur les actions du gouvernement français qui ont précipité le destin : d’un côté, le Wall Street Journal raconte qu’excédé par un article selon lequel l’offre présentée par Fiat était non-négociable, le ministre de l’Économie, Bruno Le Maire, a fait appeler John Elkann, le patron de Fiat, pour lui faire dire que toutes les opérations étaient négociables.

Si bien que le patron de Fiat Chrysler devait s’employer à rassurer l’État français mais aussi Nissan, contrarié de ne pas avoir été informé en amont. Et de citer un proche du constructeur japonais : "L’idée selon laquelle vous pourriez négocier une fusion sans en parler avec votre partenaire depuis 20 ans est extraordinaire. Il s’agit de confiance, et c’est le problème ici". Face à l’abstention des représentants de Nissan au board de Renault, Bruno Le Maire a voulu négocier un délai de 5 jours pour aller rencontrer les Japonais à Tokyo d’abord. Une immixtion dans le deal intolérable pour John Elkann. Conclusion du journal : "mercredi soir, la fusion Renault-Nissan a capoté lorsque la logique financière froide d’une transaction est entrée en collision avec la politique et la fierté, et laissé de la défiance et du mécontentement des deux côtés, après un bazar long de 10 jours".

Le New York Times met lui aussi en cause le comportement du Ministre de l’Économie, qui en voulant obtenir un délai, a été celui qui a fait échouer un deal ambitieux. "Le gouvernement n’arrêtant pas d’accroître ses demandes, Fiat Chrysler a compris que l’État français essaierait probablement toujours d’exercer une forme de contrôle", commente un autre proche du dossier. Or, "l’échec du deal a ruiné une image soigneusement élaborée du Président Emmanuel Macron, en tant qu’ancien banquier d’investissement, courtisant les sociétés étrangères et promettant un climat plus favorable aux affaires".

Enfin, la fin de ces négociations laisse les deux sociétés, septième et huitième acteur mondial, dans une situation vulnérable par rapport à leurs concurrents et face à la transformation du secteur, et la nécessité d’investir dans les voitures électriques et autonomes. Ou encore développer leur présence en Chine, seul marché à potentiel de croissance. Mais ce n’est pas tout : "le CEO de Renault, Jean-Dominique Senard, qui a travaillé avec Mr Elkann pour trouver l’offre, avait le soutien de la majorité de son board mais a été pris de court par la dernière demande du gouvernement. Le deal ayant été sabordé, Mr Senard doit évaluer en quoi il pourra être efficace à la tête de Renault", avertit un autre expert dans le New York Times.

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