Macro-économie / Taux / Inflation / Vieillissement démographique / Politique économique
Macro-économie / Taux
Inflation / Vieillissement démographique / Politique économique
Le casse-tête des banques centrales
La question de l’impact du vieillissement démographique sur l’inflation est au cœur des récents débats économiques. Alors que les économistes pensaient jusqu’à récemment que l’augmentation de l’âge moyen entraînerait des poussées inflationnistes, un nouveau consensus a véritablement émergé il y a dix ans, démontrant l'effet inverse.
Au cours des dernières décennies, les pays émergents et industrialisés ont connu des changements démographiques considérables liés à l'allongement de l'espérance de vie et à la baisse de la fécondité. Selon les projections des Nations Unies, dans le monde, le taux de dépendance des personnes âgées - soit le ratio entre la population de 65 ans et plus et la population en âge de travailler - passera de 13 % en 2015 à 38 % en 2100. Cette tendance fait reculer la part de la population en âge de travailler. Et fait donc émerger des préoccupations sur la viabilité des systèmes publics de retraite et le financement des soins de santé. C’est aussi un défi en termes de performances macroéconomiques, notamment en ce qui concerne l'inflation.
Il y a encore une vingtaine d'années, le consensus pensait qu’une augmentation du taux de dépendance des personnes âgées entraînerait des poussées inflationnistes. Le raisonnement est le suivant : si la part des personnes en activité se rétracte, l’offre totale de biens et de services diminue, alors même que la demande reste stable, ce qui fait grimper les prix. Or, la réalité a montré le phénomène inverse : au niveau mondial, les pays touchés par un vieillissement démographie voient leurs prix stagner. Le raisonnement est un peu complexe mais vaut le coup d'être compris. D'abord, la base électorale vieillit, et les politiciens ont tout intérêt à séduire la majorité, et donc à maintenir une inflation faible. Car une forte inflation condamne les personnes âgées à des revenus plus faibles (puisqu'une partie seulement est indexée sur l'inflation). Et pour cette tranche de la population qui compte sur son épargne, si les prix augmentent plus rapidement que le taux de rendement de l'épargne, elles y perdent. Pour ces deux raisons, les personnes âgées ont tout intérêt à ce que la hausse des prix soit contenue. Et les politiciens ont bien sûr choisi de les écouter.
Les banques centrales se sont fait prendre à leur propre jeu puisque désormais, la hausse des prix a atteint une fourchette tellement basse qu'elles n'ont plus de marge de manœuvre, et sont condamnées à être accommodantes... pour le plus grand plaisir des personnes âgées.
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